Quelle serait votre définition de la comédie et vos maîtres dans ce domaine ?
"C'est une vaste question", comme disait De Gaulle. C'est vrai que ça part de Chaplin, d'Harold Lloyd, de Buster Keaton et ensuite on arrive à toute cette grande époque de la comédie américaine, que ce soient Billy Wilder, Capra, Leo McCarey, Preston Sturges...tous ces gens qui m'ont fait rêver quand j'étais jeune. Puis on est passé au cinéma anglais avec Noblesse oblige. Et il y a eu ce cinéma italien fabuleux avec Le Pigeon, Le Fanfaron, Nous nous sommes tant aimés.
Il y a comme ça des couches de comédie internationale qui sont arrivées sur mon subconscient. Et puis ça donne ces étranges petits films que je fais maintenant depuis très longtemps. Mais c'est vrai que je suis bercé par la comédie mondiale depuis des années.
Pignon a revêtu plusieurs visages. Quelle serait, selon vous, sa distinction propre?
François Pignon incarne le fait d'être ridicule... mais que ce n'est pas grave. Mais je pense que c'est surtout un petit homme qui se révèle au final être plus fort que les autres.
Qui verriez-vous en Françoise Pignon ?
Ah je ne sais pas. Les femmes dans mes films sont plus les soupapes que les moteurs du récit. Je ne vois pas une femme dans le style de François Pignon : j'aurais trop peur de les ridiculiser. Je ne pourrais pas enliser une femme dans les sables mouvants comme je le fais dans La Chèvre avec Pierre Richard.
Quel est votre plus beau moment de cinéma ?
Chaplin, encore. A la fin du film Les Lumières de la ville : lorsque l'héroïne, une petite aveugle qui recouvre la vue, découvre, avec ses mains, que son bienfaiteur n'est autre que Charlot. Je pleure à chaque fois.
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