Sur les chapeaux de roue
Il est des destins précoces. Issue de la lignée des Barrymore (Lionel, John et Ethel), tous acteurs de renommée théâtrale et cinématographique, Drew Barrymore était vouée à embrasser la carrière d'actrice. 11 mois à peine et la voilà devant une caméra. C'est Spielberg lui-même qui impulse la trajectoire de la jeune fille : avec ET, la comédienne n'a que 7 ans lorsqu'elle incarne Gertie, personnage qui lui offre le statut de star mondiale.
Le triomphe du film au box-office provoque une gloire soudaine et foudroyante, et qui ne sera pas sans dommages collatéraux : alcool et drogue façonnent une adolescence turbulente qui perturbe sérieusement la carrière de l'actrice.
Scream un bon coup
Sortie de ces démêlés qui font les choux gras des tabloïds, Drew Barrymore inaugure doucement les années 90 : ses atouts de plante vénéneuse (Poison Ivy, Batman Forever) et de candeur innocente (Tout le monde dit I love you) ne servent pas, ou peu, une renaissance qui peine à rebondir. Rien ne laisse penser qu'une simple apparition dans l'introduction d'un énième slasher movie, Scream, va relancer sa carrière. Coupe au carrée, joues rebondies, sourire de circonstance puis terreur bien lisible, la performance de la jeune actrice est saisissante. Elle est alors choisie pour le premier rôle de la comédie romantique A tout jamais, une variation moderne du conte Cendrillon.
La jeune femme se débarrasse peu à peu de son étiquette de blonde sexy pour revêtir, entre autres, la casquette de productrice : Drew Barrymore parie alors sur de grosses productions aux succès commerciaux (Charlie et ses drôles de dames) et des projets artistiques plus ambitieux (Donnie Darko).
God Bliss her
Contre toute attente, George Clooney la choisit pour sa première réalisation (Confessions d'un homme dangereux) : Drew Barrymore campe alors la femme du personnage de Sam Rockwell avec une simplicité des plus touchantes. Suite à cette incursion dans le drame, l'actrice enchaîne avec un cycle de comédies, plus ou moins inspirées, où elle use de sa frimousse pour faire rire avec talent. On la voit alors chez Danny De Vito (Un duplex pour trois), les frères Farrelly (Terrain d'entente) ou face à Adam Sandler (Amour et amnésie). Presque naturellement, c'est toujours sur le terrain de la comédie qu'elle choisit de situer l'action de sa première incursion derrière la caméra. Entourée d'Ellen Page (Juno), Barrymore signe avec Bliss un film personnel qui traite de l'émancipation d'une jeune paria. Et de sa renaissance.
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