
Des samouraïs aux cowboys
1954 : Akira Kurosawa signe l'un des ses grands chef-d'œuvres : Les sept samouraïs. Dans un Japon médiéval au climat très tendu, des paysans engagent des samouraïs pour stopper le pillage de leur village. Tourné en noir et blanc, il rafle le Lion d'Argent à la Mostra de Venise et scelle la gloire du réalisateur japonais une fois pour toutes.
1960 : intéressé par la trame du film de Kurosawa, John Sturges met en selle le remake du classique japonais avec un casting haut de gammes : Yul Brynner, Steve McQueen, James Coburn, Charles Bronson... Mais Les Sept Mercenaires est un échec lors de sa première exploitation en salles. Très emballée, l'Europe lui réserve un accueil si enthousiaste que l'on finit par ressortir le film aux Etats-Unis...
Le reste appartient déjà à l'Histoire.
Faire mieux sinon bien
Classique souvent diffusé à la télévision, Les Sept Mercenaires demeure le dernier grand western américain avant la relecture du genre par Sergio Leone. Mais il lance aussi de manière officielle la possibilité de revisiter des œuvres pour mieux leurs rendre hommage. Ainsi, Peter Jackson réalise un rêve d'enfant en réactualisant le King Kong de 1933 pour son film éponyme de 2005. Typiquement américain, le remake demeure presque un genre en soi, parfois pratiqué par des grands noms du cinéma contemporain : lorsque David Cronenberg revisite La mouche Noire, un vieux film de série B, il en accentue la thématique du corps et de ses transformations ( La mouche, 1986). De même, Brian De Palma transpose Scarface (1932) d'Howard Hawks dans le contexte violent des années 80 avec Al Pacino culte en Tony Montana. Autre exemple : Steven Soderbergh tire L'inconnu de Las Vegas de son oubli pour accoucher du lumineux Ocean's Eleven.
Des œuvres personnelles ?
Avec Psycho, Gus Van Sant reproduit ainsi plan par plan le Psychose d'Hitchcock... en y ajoutant la couleur. En 2007, dix ans après la version allemande, Michael Haneke va même jusqu'à refaire son Funny Games pour en donner une version américaine. Entre deux produits purement commerciaux, le remake peut-il être personnel ? La réponse se trouve sûrement dans Soyez sympas, rembobinez (Michel Gondry, 2008) où deux bricoleurs tenant un vidéo club sont contraints de "suéder" (comprendre tourner avec trois francs six sous) des classiques du cinéma.
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