Ah ! L’été. Le spectateur est au frais, met son cerveau sur pause et profite confortablement de ses vacances tous frais payés. Il est docile et Hollywood l’a bien compris, affrétant spécialement ses productions surarmées pour truster des millions dans nos contrées pacifiques. Depuis Les Dents de la mer, premier film à avoir bénéficié de l’appellation "blockbuster", de l’eau a coulé sous les ponts, mais les producteurs tentent de nous refaire le coup chaque année, avec des fortunes diverses. Bilans et prospectives.
Exploser le quartier… Et le reste avec
Les linguistes ont beau se battre pour en définir l’origine, le mot "blockbuster" a sans doute à voir avec une explosion. Traduit littéralement, il désigne un objet susceptible de détruire un quartier. Si les militaires l’utilisent pour désigner un type de bombe très puissante, sa première apparition dans le monde du spectacle date des années 50 où il désignait une pièce qui, par son écrasant succès, pouvait causer la faillite de tous les autres théâtres du coin.
À l’origine, le "blockbuster" c’est donc un triomphe, comme le furent Les Dents de la mer et L’Exorciste en 1975 et 1973. Dans le détail, ce sont des films taillés sur-mesure pour les audiences populaires, qui bénéficient de large plan marketing et offrent un risque limité. Dès lors, peu importe le succès, le "blockbuster" étant surtout une marque. Des échecs cuisants comme Godzilla ou Last Action Hero ont d’ailleurs profité de ce label.
2009, année du jouet ?
Succès ne signifiant pas forcément manque de qualité, le "blockbuster" peut aussi être une réussite financière et esthétique. Spider-man ou Wall-E en constituent de bons exemples. En 2008, la victoire du Dark Knight de Christopher Nolan semble même avoir inauguré l’ère des productions alliant intelligence formelle, noirceur politique et sens de l’entertainment.
Cette année, au programme, c’est la guerre des jouets entre les grosses machines de Transformers 2 et les soldats de G.I. Joe. À la lutte, on retrouve également des habitués des razzias estivales (Harry Potter, L’âge de glace 3) et quelques outsiders (Brüno, Inglourious basterds). Tout cela en images avec notre diaporama.
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