
Du film de potache au statut d'entertainer
Dans l'art du grand divertissement hollywoodien règnent des personnalités telles que James Cameron, George Lucas ou Steven Spielberg. Petit protégé de ce dernier, Robert Zemeckis débute dans les années 70, et se démarque rapidement par un irrésistible côté potache (Crazy days, Used cars...) qui trouve son apogée dans le scénario de 1941 (Steven Spielberg, 1979), véritable jeu de massacre comique et cartoonesque sur la paranoïa américaine suite au débarquement de Pearl Harbor. Si le film est un échec commercial, le réalisateur d'ET est suffisamment séduit pour lui confier les rênes de A la poursuite du diamant vert, film d'aventures pour lequel Zemeckis trouve son un premier grand succès public.
Lorsque Zemeckis débarque avec le scénario de Retour vers le futur, ce dernier est refusé par tous. Spielberg monte alors au créneau pour défendre le projet à Universal qui accepte de financer le film. Doté d'un budget très modeste, Universal n'osant pas trop croire au scénario, le film créé la surprise au box-office et impose d'emblée les personnages de Marty McFly et de Doc dans l'imaginaire collectif.
De Marty Mc Fly à Forrest Gump
Alors qu'on ne cesse de demander une suite aux aventures temporelles de Marty, Zemeckis préfère s'atteler à un projet de plus grande ambition. Toujours accompagné de Spielberg, son fidèle protecteur, Zemeckis convainc les studios Disney de financer Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, hommage aux films noirs mêlant prises de vue réelles et personnages de cartoon. Comme si cela n'était pas suffisant, le réalisateur finit par céder et débute parallèlement le tournage de la suite tant demandée de Retour vers le futur... tout en développant le troisième opus de la saga (!). Zemeckis est alors au comble de la gloire, porté par un public délecté par son sens du divertissement et par l'attachement durable des personnages développés.
Si Zemeckis s'égare un peu avec La mort vous va si bien (1992), une comédie fantastique et satirique avec Bruce Willis et Meryl Streep, il trouve pied avec Forrest Gump, chronique sociale et humaniste dans laquelle Tom Hanks traverse trois décennies d'histoire américaine. Triomphe assez inattendu, le film décroche 6 Oscars, dont celui du meilleur réalisateur. Désormais, Robert Zemeckis peut voler de ses propres ailes.
Repousser les limites
S'il réalise encore des films de genres avec de grandes stars hollywoodiennes (Jodie Foster, Harrison Ford, Tom Hanks...) qui cartonnent au box-office (Contact, Seul au Monde, Apparences), Zemeckis inaugure les années 2000 en demeurant le premier cinéaste à véritablement développer le procédé de motion capture, procédé qui consiste à inclure des mouvements d'acteur en chair et en os au sein d'un univers virtuel. Ebauchée dans Le Pôle Express et dans La légende de Beowulf, Zemeckis émancipe cette technologie d'un cran au dessus pour Le drôle de Noël de Scrooge, l'adaptation du célèbre conte de Dickens qui mêle magie et morale. On y voit Jim Carrey dans le rôle d'un vieillard avare et irascible qui va trouver au fil de l'histoire sa rédemption. Un petit cadeau avant les fêtes...
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