
Comme toute superproduction qui se respecte, 2012 a ses fans, amoureux des effets spéciaux et du cinéma grand spectacle, et les autres, agacés par cette débauche de moyens. Et puis il y a les journalistes, très peu convaincus.
Commençons d'ailleurs par la presse : Le Monde fustige la "mièvrerie psychologique et sentimentale" du film, Les Inrockuptibles l'ont trouvé "plutôt amusant" mais ont été agacés par le "conservatisme familial indécrottable", Libération et Télérama ironisent traitant Roland Emmerich de "bourrin". Seul L'Express a apprécié un certain "second degré et un humour noir réjouissant".
Côtés internautes, il y a finalement un certain équilibre entre fans et détracteurs. Le plus étonnant reste que ce qui plaît aux uns, est exactement ce qui a agacé les autres : les effets spéciaux. Seul "interêt du film" selon calanque13 qui regrette un "scénario déplorable", "grotesque" (Gilles_Beauvisage) ou encore "insipide" (bosquet). A l'oposé, certains ont trouvé ces mêmes effets spéciaux "à couper le souffle" (nauthomm), "impressionnants" (rooney29), voir même "époustouflants" (lauraced)...
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Véritable grand huit, haletant et tendu, le troisième film post-apocalyptique de Roland Emmerich (après Le Jour d'après et Independence Day) offre une relecture musclée de l'arche de Noé. On reste accroché à son siège durant 2 h 40.
Les effets numériques permettent désormais d'impressionnantes, et parfois plastiquement belles, images de destruction générale. C'est le principal atout d'un film dont le scénario, selon une sorte de darwinisme impitoyable et ridicule, s'amuse pourtant à éliminer, systématiquement, tous les individus ne répondant pas aux qualités déterminées par les liens du sang ou du mariage pour former d'exemplaires familles. La violence des situations est ici rendue dérisoire à la fois par la quantité (4 milliards de morts en deux heures) et par une mièvrerie psychologique et sentimentale.
L’auteur d’Independance Day et du Jour d’après détruit encore la planète. Plutôt amusant cette fois. Comme chaque film d’Emmerich, 2012 est un bric-à-brac invraisemblable où l’on essaie de démêler ce qui provient d’une bêtise involontaire (l’Afrique terre d’asile, de nouveau à coloniser : on croit rêver), d’un conservatisme familial indécrottable (un beau-père ne pourra jamais remplacer un père : seuls comptent les liens du sang), d’un populisme naïf (Président héroïque au milieu d’un Washington gomorrhéen) ou d’un idéalisme sincère (défense de l’environnement, lutte pour l’égalité, etc.). Honnêtement, on n’est pas certain d’y être arrivé, mais puisque le monde court à sa perte, quelle importance ?
Certes, les personnages et le scénario sont moins spectaculaires que les effets spéciaux, mais 2012 remplit son office : faire mieux que ses prédécesseurs. De cette ambition découlent d'ailleurs un second degré et un humour noir réjouissant.
L’Allemand prophétique Roland Emmerich fait tout péter. Comme d’habitude. Ravitaillés par la double influence du jeu vidéo et des grands événements contemporains cités en vrac (tsunami, mort de Lady Di, Twin Towers, Titanic, élection d’Obama…), les effets numériques imposent ici leur tyrannie fumeuse qui, elle, ne laisse aucun survivant, hormis Woody Harrelson qui ricane dans son coin. Pulvérisant les limites de l’inanité hollywoodienne, le gymkhana dure officiellement 2 h 38. Bonne nouvelle, en la jouant fine, on peut s’en tirer pour 2 h 25, en détalant par exemple avant le générique de fin. Partir avant celui du début est aussi une option.
Roland Emmerich ne déroge pas à sa réputation de gros bourrin et orchestre le déluge à grand renfort (...) de tsunamis patriotiques.