No man's land
Au milieu de nulle part, une cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà.
Pourtant, certains habitants ont décidé d'y rester, plus par choix que par nécessité, parce que c'est là qu'ils sont nés et qu'ils ont grandi. Parmi eux il y a Francis, l'ouvrier consciencieux qui continue d'entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie ; Samir, son fils , qui revient dans le quartier après une longue absence ; mais aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary Cooper. Il va donc l'attendre tous les jours dans la ruelle de ce no man's land contemporain, qui ressemble à s'y méprendre à un décor de Western...
Ce film très touchant croise - et c'est rare - deux enjeux de la société dans laquelle nous vivons : la perte de l'identité ouvrière ou plus généralement d'un rapport à un travail qui définissait l'appartenance à un collectif ; le délitement des liens familiaux qui rend très difficile la possibilité pour un enfant de s'identifier à ses parents. Le film fort, drôle par moment et touchant -sans être larmoyant - raconte tous ces no mans's land qui se croisent. Seules deux femmes qui croient à la force de l'amour indiquent des voies d'espoir dans un univers très sombre.
Je sors de la projection et je trouve que ce film a été réalisé avec beaucoup de délicatesse...La photographie est posée et lente, le soleil du midi réchauffe les plans...Deux choses frappantes, un bon montage et une excellente musique. et des allusions au western sous les traits de gary cooper. Choc de deux cultures ..Le tout pour décrire l'intime paradoxe entre désarroi et douceur de vivre qui étreint ces arabes dignes mais sans travail...La déliquescence sociale est colmatée par la richesse du coeur et la solidarité des mots...Les acteurs sont beaux et généreux et contribuent au beau message du film où certes il ne se passe pas grand chose mais qui scintille de nuances et d'émotions...A voir
Rôle dans ce film : Francis
Rôle dans ce film : Maria