
"Nickel mais sans âme" : Les Inrockuptibles résument assez bien l'ensemble des critiques presse. Jugez plutôt : "Le film est, visuellement, absolument magnifique… On peut tout de même lui reprocher d'avoir adopté la vision enfantine des textes" (L'Express) ; "Carroll a un peu été passé à l'abrasif d'une esthétique consensuelle, qui plaira néanmoins aux enfants" (Le Figaroscope) ; "Un genre de machine infernale dissimulée dans l’usine Disney" (Libération). Seul Le Monde ajoute un peu de "merveille" : "Son film - Tim Burton - est enchanteur".
Beaucoup d'entre vous avaient hâte. Au final ? Un bon spectacle : "la réalisation est somptueuse" (shazam) ; les deux heures ne se font pas sentir" (Sally00). Mais "Au delà de ça, rien d'extravagant" comme le souligne nauthomm. Pour beaucoup d'entre vous, "Burton a oublié un bout en chemin" (mokochan). La 3D ? Pour Sally00 et la majorité :" Les lunettes ne valent pas forcément le coup" sauf pour Lyes215, orea1000 et Riton32. Par contre, vous êtes tous d'accord pour dire que les acteurs sont parfaits. "A voir en famille" pour nannu, néanmoins ADIGALLIA pense "que cela reste un peu trop impressionnant pour les moins 7 ans".
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Pari gagné, mais en partie seulement. Burton signe un film foisonnant qui porte bien sa marque, sa folie, et qui aborde en filigrane le souvenir d'une enfance révolue. Mais son film semble un peu trop lisse, trop Disney. Le côté sombre, transgressif et baroque de la fable excentrique de Carroll a un peu été passé à l'abrasif d'une esthétique consensuelle, qui plaira néanmoins aux enfants.
Le cinéaste Tim Burton est suffisamment grand, ou petit, pour pénétrer dans le monde merveilleux d'Alice. Son film est enchanteur.
[...] Alice au pays des merveilles est irréprochable sur le plan du cahier des charges d’une production, et distille pourtant un ennui profond, collant, têtu, malgré son agitation visuelle permanente.[...] On ne sent même plus ici la présence de Johnny Depp, noyé qu’il est sous les costumes, le maquillage et les effets spéciaux.[...] Nickel mais sans âme.
Le film est, visuellement, absolument magnifique: les couleurs, les costumes, les décors, tout y est splendide. Même s'il ne se préoccupe guère de la 3D, format dans lequel le film est tourné, Burton réussit donc à créer une esthétique très singulière. On peut tout de même lui reprocher d'avoir adopté la vision enfantine des textes [...], alors qu'une version plus adulte, proche des occurrences carrollienne, eût été davantage jouissive.
Alice est le récit d’un grand embouteillage mental. Les personnages sont fidèles au rendez-vous du souvenir (...) D’autres, inédits, les rejoignent (...) Relégués dans leur conte de fées, ils ont vieilli, ils sont fatigués, ils vont faner. Cependant, le talent de Burton ne se borne pas à cette vision mélancolique. Sa solution d’Alice est une sorte de dissolution acide, elle, par contre, jamais vue. Un genre de machine infernale dissimulée dans l’usine Disney et dont ne sait pas à quelle heure du film elle va exploser, et si d’ailleurs elle explosera
Les mômes en auront sans doute pour leur argent, du moins celui de leurs parents. Ces derniers en revanche seront inconsolables : quand est-ce que le magicien Burton reviendra pour s'adresser à eux aussi, les adultes ?