
Les mêmes mots et les mêmes émotions reviennent sans cesse dans les avis des Cityreporters qui parlent de Caramel comme d'un "Venus beauté du Moyen Orient". Il fait partie selon drole.de.frimousse de ces longs-métrages "qu’on ne voit que 2-3 fois dans une année et qui vous rendent heureux pendant et bien après la projection !
Pourquoi le film remporte-t-il tous vos suffrages ? Tout simplement parce qu'il est "une merveille de sensibilité, d'humour, de délicatesse, de tendresse". A la fois poétique et réaliste, il nous plonge dans une société divisée entre tradition et modernisme, entre sucré et salé.
Suffisant pour faire l'unanimité de la presse ? Celle-ci se montre moins enthousiaste. Trop sucré selon Télérama, "il manque surtout d’une histoire plus forte que les autres", même s'il glisse "à l’oreille quelques trucs salés sur la société qui l’entoure" d'après Libération.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Ce qui s'avance là n'est en somme guère plus qu'une aimable redite, malgré l'exotisme (...). Recette éprouvée d'un cinéma qui est encore autre chose que le récit de son tournage, ou de sa réception mouvementée : le tableau consensuel du public qu'il entend rassembler.
Le titre, "Caramel", résume tout : le film, la femme qui l’a écrit et réalisé, et le pays où l’histoire se déroule. Le caramel, c’est la pâte avec laquelle les Orientales s’épilent. "C’est sucré et ça laisse la peau douce, explique Nadine Labaki. Mais, en même temps, ça brûle et ça fait mal."
Cet entrecroisement de destins est un procédé convenu, et cette convention menace parfois la vivacité de Caramel. Le scénario dose avec un peu trop d'habileté séquences comiques et tragiques, moments de désespoir solitaire et explosions de joie conviviales. Ces péchés restent véniels au regard de l'élégance sensuelle de la mise en scène. (...) Un moment à part.
Caramel oscille entre deux genres, imparfaitement épousés l'un comme l'autre. D'un côté, le pur anecdotique, le dialogue régnant en roi (...). De l'autre, l'ambition affichée de nous livrer quatre versions de la femme libanaise moderne, avec ses joies et ses souffrances - ici affreusement stéréotypées (...).
L’œuvre a tout du film piégé : ça avance vers vous l’air de rien, en jouant les modestes, petite friandise de rien du tout, mais à la sortie, vous réalisez qu’un film vous a glissé à l’oreille quelques trucs salés sur la société qui l’entoure.
Ce Vénus beauté beyrouthin n’est pas sans faiblesses : parfois démonstratif (la quête sans fin de Layale pour trouver une chambre d’hôtel alors qu’elle n’est pas mariée), il manque surtout d’une histoire plus forte que les autres, qui agrégerait les pièces du puzzle.