
Che 2, le retour. La question étant de savoir si presse et spectateurs ont autant apprécié la chute que l’ascension. Éléments de réponse dans Télérama, pour qui c’est plutôt mieux et qui voit du "donquichottisme pathétique dans ces images".
Du côté de Libération, c’est moins, pour un film qui laisse une impression de "laborieuse illustration". Reste alors ceux qui voient dans le diptyque une seule et même œuvre, organisant "l’admirable" opposition de "l’heureux et du dépressif" (Cahiers du Cinéma).
"Viva el Che !", cri du cœur de petite-minute, illustre assez bien l’opinion des internautes sur ce deuxième volet "tout aussi réussi que le premier" (bodhiva). Si xmrxjp émet de gros bémols, fustigeant la "lenteur" du récit et nous enjoignant à l'"oublier vite", le sentiment général est à l’enthousiasme pour ce "formidable" portrait du Che (brahim1984).
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Saisi dans son pli, le film de Soderbergh possède cet admirable schématisme qui consiste à simplement opposer deux tons, l'heureux et le dépressif. Mais il s'en dégage aussi.
La fuite en avant de Guevara dans la jungle, filmée caméra à l'épaule, à hauteur d'homme. Un parti pris artistique radical qui mène à l'ennui.
Mais alors qu'on le savait joueur, qu'on l'imaginait, éventuellement, cynique, rien dans sa filmographie ne laissait soupçonner chez Soderbergh une telle propension au lyrisme. Guérilla est sans doute à ce jour son meilleur film.
Certes meilleur, plus cohérent que son prédécesseur, Che : Guérilla ne relève pas l’entreprise générale : la neutralité (journalistique, ou voulue comme telle) de Soderbergh dépassionne le mythe mais chute dans l’effacement. Oui, le Che n’est pas qu’une image bonne à imprimer des T-shirts comme le saint suaire. Voici l’homme, ses actions, ses crapahutages de maquisard.
Plus concis et prenant que le premier volet. Mais le grand film sur le Che reste à faire.
Reste au final une sensation de laborieuse illustration. Tant pis. Soderbergh filme platement une icône quand Dindo [auteur du documentaire Ernesto Che Guevara, le Journal de Bolivie] donnait à voir l’anéantissement d’une illusion.
Les deux films sont ainsi liés, et Soderbergh fait en sorte qu'ils se répondent en permanence. Celui-ci est malgré tout plus mental, plus asphyxiant. On y sent l'étau qui se resserre, le manque de force, les handicaps qui s'accumulent. Il y a du donquichottisme pathétique dans ces images de rebelles devenus des loques.