
Le lait de la douleur
Fausta, très belle jeune femme péruvienne, est atteinte du syndrome de "La teta asustada", transmis par sa mère qui vient de mourir. L'oncle qui les héberge exige de Fausta qu'elle parte enterrer sa mère au village natal et finance les funérailles. La jeune femme, introvertie et sauvage, devient employée de maison chez une célèbre concertiste,
à qui elle va redonner l'inspiration en lui chantant des poèmes en quechua. Cette rencontre est pour Fausta un premier pas vers sa libération ...
Fable anthropologique imprégnée de vieilles légendes indiennes, Fausta met à nu le choc inter-générationnel. Ce "lamento venu du fond des âges" (Le Figaroscope) évoque non sans talent "le présent gangrené par le passé et le vivant travaillé par la mort" (Les Cahiers du Cinéma). Cette évocation "belle et douloureuse" (Le Monde) du Pérou de 1980, alors en pleine guérilla, n'évite pourtant pas "certains écueils" (Les Inrockuptibles).
Ainsi, pour L'Express, le rythme alangui et l'ambiance mortifère rendent l'aspect métaphorique "franchement pataud". Les scènes "désaccordées" et le manque d'expressivité ont également peu séduit Télérama.
Mais Fausta évoque également la poésie amérindienne, "remarquablement interprétée" (mob666) par la beauté farouche Magaly Solier. A la fois "condamnation et thérapie" (Sevenreizh), ce film "modeste et ambitieux sur la mémoire" (Libération) d'un passé a donc charmé le public.
Berlinale (Festival de Berlin) 2009 : Ours d'Or (Lauréat)
Rôle dans ce film : Fausta
Rôle dans ce film : Aída