Voyeur
En repos forcé à cause d'une jambe plâtrée, le reporter L.B. Jefferies observe au téléobjectif les voisins de l'immeuble d'en face. C'est ainsi qu'il remarque le curieux manège d'un représentant de commerce, M. Thorwald, qu'il soupçonne très vite d'avoir assassiné sa femme...
Je profite des ressorties des Hitchckock en copies neuves en ce moment pour combler cet énorme trou dans ma culture cinématographique ! Ce réalisateur est vraiment génial, c'est fou quand on y pense d'arriver à scotcher le spectateur devant un film ou toutes les scènes se déroulent dans une pièce de 15m2 à tout casser. Et puis les acteurs, je n'avais jamais vu auparavant de films ou on leur prête autant d'attention : on ne voit plus si souvent des longues scènes de dialogues aussi savoureuses.
Cloué sur sa chaise longue à la suite d’une jambe cassée, le reporter-photographe Jeffrie (James Stewart) observe, par la fenêtre, le comportement de ses voisins. Un beau jour, il acquiert la conviction que l’un d’eux a tué sa femme odieuse et malade. L’enquête qu’il mène, bien qu’immobilisé dans le plâtre, est un peu le sujet du film. La construction du film est parfaite, Hitchcock nous ballade de thème en thème : mariage, suicide, déchéance et mort, et érotisme bien évidemment (oui, il ne pourrait en être autrement avec Grace Kelly)avec virtuosité! (à ce propos, la musique est vraiment excellente!) Ce film apparaît comme l’un des plus ambitieux du maître du suspens, car au-delà d’une simple cour d’immeuble, c’est toute une vision qu’il se fait du monde qu’il nous impose ! Cette vision, quelque peu misanthropique, est celle de l’indiscrétion, du viol par le regard, en un mot du voyeurisme ! Et oui, la cour c’est le monde, et Stewart est le représentant d’Hitchcock, qui certes n’a pas de caméra, mais des jumelles ! Une véritable mise en abîme, de toute beauté. Bien évidemment, faire passer tout cela en gardant une unité de lieu aussi réduite relève du grand art (puisque la caméra ne bouge presque jamais de l’appartement de Stewart), surtout que nous ne quittons jamais le point de vue de James Stewart, qui je vous le rappelle est cloué à une chaise roulante. Plutôt osé ce Hitchcock de nous faire, d’un impotent, un héros ! mais en y réfléchissant un peu, l’auteur nous renvoie à notre propre place de spectateur… car nous sommes également rivés à nos fauteuils… Tout le film est ludique, puisque jamais Hitchcock ne cesse d’aller et venir entre suspense et humour, la frontière est donc toujours floue entre le piège tragique et le burlesque de certaines situations. Car le suspense est doublement augmenté, du fait que le héros soit immobilisé. On a vraiment peur pour lui. Le thème de l’enfermement est hyper présent, car il se décline : enfermement physique, psychique, sexuel et moral. Mais Stewart est-il vraiment si innocent que cela ? N’a-t-il pas provoqué ce récit par son voyeurisme ? car tel est pris qui croyait prendre ! A vous de voir ? mais tout reste affaire de moral dans ce film… alors ne vous étonnez pas si un soupçon de culpabilité vous envahi en visionnant ce chef d’œuvre !
Biographie de Grace Kelly
Biographie de Raymond Burr
Date de sortie 18/08/2010
Un film de : Harald Zwart
Avec : Jaden Smith, Jackie Chan, Taraji P. Henson
Date de sortie 18/08/2010
Un film de : Sylvester Stallone
Avec : Sylvester Stallone, Jason Statham, Dolph Lundgren
Date de sortie 25/08/2010
Un film de : Bertrand Blier
Avec : Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro
Date de sortie 24/11/2010
Un film de : David Yates
Avec : Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint