
Avec son titre en forme de publicité pour des cigarettes et son Jim Carrey en roue libre, I Love you Phillip Morris déroute, intrigue et suscite un accueil mitigé. Des inconditionnels de Jim aux spectateurs dubitatifs, petite revue de détails.
Commençons par les internautes, sans doute les plus durs avec un récit "trop long" (nauthomm) voire d’une "mièvrerie insupportable" (phil-villeurbanne). Plus pragmatique, islander note que si le film contient "un déséquilibre certain", sa fin très "émouvante" rehausse l’ensemble.
Côté presse, c'est un peu plus enthousiaste malgré quelques grincheux qui trouve que le long-métrage "patine comme une 2 CV" (Le Figaroscope). À l’autre extrémité, Les Inrocks jubile face à un Jim Carrey pour qui "tout est possible" et qui trouvent dans cette comédie, "un écrin pour son jeu immensément sincère" (Cahiers du cinéma). Décidément, tout le monde aime Ace Ventura.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Au-delà de son argument de romantic comedy gay, I Love you Phillip Morris est surtout le roman d'un menteur qui n'aurait plus que l'amour comme vérité à laquelle se raccrocher. C'est là que cet art du twist se poursuit sur un autre versant éminemment plus cinématographique et passionnant : celui de la transformation du corps de l'acteur. [...] Carrey y trouve un écrin pour son jeu immensément sincère, implacablement roué mais jamais voué à la surchauffe.
Dans sa filmographie, on ne trouve pas une oeuvrette à laquelle la présence de Jim Carrey ne suffise à insuffler un vent de génie. D’autant que, ici, l’acteur est enfin employé pour autre chose que son visage élastique.
Un mélange entre Arrête-moi si tu peux et La Cage aux folles. Le film démarre comme une Ferrari, mais, après 20 minutes, patine comme une 2 CV. Dommage.
I Love You Phillip Morris démarre sur les chapeaux de roue. L'affaire se gâte à l'issue de la première demi-heure, mais le film vaut d'être vu pour cette introduction nerveuse et désopilante. Les fans de Jim Carrey se réjouiront de voir leur idole au sommet de sa forme, renouant avec une énergie qui semblait l'avoir abandonné. Malgré ses bonnes intentions, le film frôle parfois la mièvrerie, parfois le mauvais goût (pour s'échapper de prison, Steven Russel feint d'être malade du sida en phase terminale). Dommage, l'idée de l'escroc transformiste homosexuel recelait un réel potentiel cinématographique.
Un escroc mythomane peut-il éprouver des sentiments sincères ? Et une farce burlesque peut-elle virer au mélo gay lacrymal ? Tout est possible pour le géant Jim Carrey. Le premier tiers est une pure comédie, centrée sur le coming out de Steven Russell, modeste flic et bon père de famille marié à une bigote (Leslie Mann, toujours très drôle), qui décide de mener sa vie comme il l’entend après un grave accident de voiture. Succession de séquences clippées, brillamment écrites, mises en scène avec une précision étonnante pour des débutants, cette première partie séduit, mais ne se démarque pas foncièrement des standards (très élevés) de la comédie américaine, si ce n’est par son tropisme gay qui a tant fait jaser aux Etats-Unis.
Si l'acteur décape l'Amérique puritaine par le biais d'une comédie folle, il trouve surtout un personnage de menteur à la hauteur de son talent : drôle, inquiétant et touchant.
I Love You est, du début à la fin, un film de, avec, et sur Jim Carrey. Comme une sorte de programme complet où l’acteur en manières plastiques assurerait à la fois le grand film, son making of et les bonus. Autant dire : le quitte ou double. Quiconque est un tantinet allergique à Carrey risquera ici l’urticaire géant. Certes, on rit à s’en souiller le string (...) mais il faut aimer la musique emphatique et les plans larmoyants.
Les cinéastes débutants réussissent d'emblée une imprévisible alchimie entre le burlesque de Jim Carrey et l'homosexualité épique de son personnage. L'acteur caoutchouteux, modelable, incarne idéalement cet homme sachant se réinventer en toutes circonstances. Il fait légèrement la grande folle, mais, au fond, ni plus ni moins que dans ses rôles d'hétéro déjanté.