
Les aventures télévisuelles du baroudeur aux 3 caméras transposées au cinéma ? Difficile d'y croire et pourtant Antoine de Maximy l'a fait, et il semble que la mayonnaise a prise.
La presse est globalement conquise : Le Figaroscope y voit "un vrai moment de cinéma et un pur bonheur", Le Monde se félicite de l'absence de "voyeurisme et de spectaculaire", qui permet de "recueillir une parole parfois poignante de vérité". Télérama regrette que les "histoires [soient] inégales" mais précise qu'elles "dessin[ent], loin des clichés, une très authentique carte de l'autre Amérique".
Un quasi sans-faute côté internautes, oscillant entre 4 et 5 étoiles, J'irai dormir à Hollywood a ravi les spectateurs : "tout simplement génial" (iguanatoma), "une vraie aventure humaine" (jdhfgjd), ou encore "un vrai plongeon au sein de la vraie Amérique" (baris03). Tous ont apprécié la dimension humain, son réalisme "touchant".
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Après le succès de sa série télé "J'irais dormir chez vous", Maximy s'invite sur grand écran. Ce road-movie est un vrai moment de cinéma et un pur bonheur.
Sans jamais manipuler ses personnages, sans jamais les prendre de haut, Maximy ne filme que ce qu'on l'autorise à filmer - c'est-à-dire pas grand-chose. Mais c'est ainsi, en évitant l'écueil du voyeurisme ou du spectaculaire, qu'il arrive à recueillir une parole parfois poignante de vérité. En inscrivant ces mini-portraits sur une route dont le terminus est Hollywood, au coeur des grands espaces où s'est forgée la légende du cinéma américain, il signe un road-movie de touriste dans lequel il esquisse un tableau émouvant de l'Amérique des déclassés.
En allant au hasard sur les chemins non balisés de l’Amérique, le cinéaste révèle un incroyable vivier, des tragédies ordinaires (l’épisode sur New Orleans est plus fort, narrativement parlant, que le mégadocu très solennel de Spike Lee sur les conséquences de Katrina). L’air de rien, malgré son côté ahuri et un peu clown, de Maximy est un de nos meilleurs documentaristes.
L'inaltérable bonne humeur de Maximy étant communicative, on s'amuse de son aplomb quand il s'incruste chez l'autochtone. Pour peu qu'on soit amateur d'un guide du routard ethnologique, le film vaut quand même le détour.
Les images, sur fond d'excellentes reprises de standards américains, sont un peu bringuebalantes. Les histoires sont inégales et, ainsi juxtaposées, souffrent d'un manque de progression narrative. Mais, tour à tour fantasques, drôles, surprenantes, menaçantes ou touchantes, elles finissent par dessiner, loin des clichés, une très authentique carte de l'« autre Amérique ».