
22 balles dans la peau ce n’est rien par rapport à ce que L’Immortel affronte désormais : une armée de critiques prêts à le dézinguer en règle. Heureusement, il reste le public, séduit, à moins qu’il n’ait peur d’en prendre une au passage.
Honneur à eux donc qui louent ce "très bon thriller" (patoushka), à la fois "captivant" (ADIGALLIA), "magnifique et violent" (brezégue). Des bémols toutefois, du côté de klystron un peu lassé par la "réalisation confuse" d'un Berry, qui n’hésite pas à "en rajouter une couche" (bdepralon) au cas où.
Ça faisait longtemps qu’on n’avait vu tel feu d’artifice. À croire qu’entre "les ralentis hideux" (Cahiers du cinéma), le "scénario chancelant" (L’Express) et le "polar idiot" (Libération), la presse s’était économisée pour l’occasion. Amateurs de bons mots, Les Inrocks plaident pour "du remplissage". Avec ses 22 balles, Reno est effectivement plein.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le problème des polars EuropaCorp, c'est qu'ils se ressemblent tous : avec sa photo métallique, ses ralentis hideux et sa collection Audi 2009-2010, L'Immortel n'échappe pas à la règle et pourrait avoir été réalisé par Jean-Michel Gibard, Gérard Cuq ou Richard Berry qu'il serait probablement le même.
Richard Berry s’écarte tellement du fait divers réel romancé par Giesbert, qu’il accouche d’un film sans ressort, dégoulinant de bons sentiments. Plus grave, se paie le luxe d’être prétentieux en lorgnant vers de Coppola. Quant à Jean Reno, au lieu d’incarner un implacable Comte de Monte Cristo moderne, il tente de jouer un gentil vengeur. Un beau gâchis.
[...] Kad Merad, victime de l'une des pires idées de contre-emploi de ces dernières années[...]Le plaisir de l'exécution ne sera pas gâché pour autant, puisque le scénario[...] démonte ces plaidoiries, le remord est feint, la famille inexistante. Mais le spectacle moralisateur de la violence est bien là.
[...]Un récit sans répit, faussement tendu, des personnages inodores et de la musique pompière inondant chaque plan. Du remplissage, quoi.
On pourrait tranquillement répertorier les défauts du film et ne pas en faire un plat: Jean Reno, plus raide que jamais en ancien hors-la-loi obligé de reprendre du service, Kad Merad, dont on ne sait si son rôle de méchant est une blague ou pas, l'habituellement excellente Marina Foïs, totalement à côté de ses pompes en flic, un scénario chancelant[...]. Ce qui est plus énervant, [...] c'est la façon dont est présenté ce Charly Mattei.
Polar idiot dans un Marseille cliché. Luc Besson semble chercher une suite à la série des Taxi : de l’action bien filmée, des poursuites en bagnoles, des fusillades sans fin et de grands noms à l’affiche. Mais seul JoeyStarr s’en sort impeccablement.
Pour
Et, dans cette guerre des caïds, adaptée de « L’Immortel » de Franz-Olivier Giesbert, lui-même très inspiré d’un fait divers réel, Richard Berry a fait le choix de muscler sa direction d’acteurs, et cela ajoute beaucoup à la tension du film. La violence l’emporte souvent, mais, au milieu de tous ces rôles masculins, celui d’une femme flic, interprété par Marina Foïs, émeut par sa justesse.
Contre
L'Immortel, inspiré du roman de Franz-Olivier Giesbert, digère mal ses références et confond le baroque avec la complaisance.