
Histoire vraie
Avril 1988, Île d'Ouvéa, Nouvelle-Calédonie.
30 gendarmes retenus en otage par un groupe d'indépendantistes kanak.
300 militaires envoyés depuis la France pour rétablir l'ordre.
2 hommes face à face : Philippe Legorjus, capitaine du GIGN et Alphonse Dianou, chef des preneurs d'otages. À travers des valeurs communes, ils vont tenter de faire triompher le dialogue.
Mais en pleine période d'élection présidentielle, lorsque les enjeux sont politiques, l'ordre n'est pas toujours dicté par la morale...
Une épopée violente et trouble qui marque le retour de Mathieu Kassovitz devant et derrière la caméra.
César 2012 : nominé pour le César de la meilleure adaptation
Ce film est à voir car il propose une reflexion sur des événements tragiques qui ne sont pas si vieux. Je n'évoquerai pas le bien fondé ou pas de la position des Kanaks sur leur désir d'indépendence ou celle de l'état français de conserver une terre lointaine dans son giron. Non, moi de ce film je retiens deux choses. D'abord le parti-pris du réalisateur qui, sous une apparente objectivité, prend de toute évidence à coeur la cause indépendentiste kanake. De multiples effets scénaristiques et de mise en scène abondent. L'un m'a particulièrement marqué. Lors de la prise d'otage le chef ravisseur kanak parle d'une voix presqu'enfantine, lente ce n'est qu'une caresse : il n'est donc que douceur, forcément, malgré les otages au bout de son fusil. Et puis côté militaire on a des voix tonitruantes, saccadées, péremptoires et même avant l'assaut les forces de l'ordre ont la tonalité et le souffle de DarkVador,ce sont donc des méchants, forcément. Je dois dire que j'ai trouvé celà très fin mais un peu malhonnête intellectuellement. Il n'était pas interdit à Mathieu Kassowitz d'afficher ouvertement sa sensibilité. La deuxième réflexion, bien plus grave si avérée, est liée à l'attitude des politiques du moment : MM Mitterrand et Chirac, qui ont pris des décisions de mort d'homme dans un unique but de prendre ou garder le pouvoir; Pour ces gens là une vie ne compterait-elle pas face à des intérêts personnels ? le film dit non et cest grave et triste.
C'est un épisode historique comme tant d'autres pour chaque pays où la France dont la France ne peut être fière. Le film a le mérite de nous en rappeler l'existence (personnellement j'avais un vague souvenir) et de suggérer une approche. Très bine interprété et filmé, très proche quand même d'un docu avec qq longueurs toutefois. Kassovitz montre une fois de plus son talent à parler de sujets difficiles avec une certaine retenue.
Biographie de Mathieu Kassovitz
Biographie de Malik Zidi