
Retour au village
1943, Rome est violemment bombardée. Cesira, une veuve, décide de fuir la capitale avec sa fille de 13 ans, Rosetta. Elle se dirige vers son village natal Sant'Eufemia, dans la région montagneuse de la Ciociara. Elle laisse à Giovanni, son voisin, un charbonnier, son magasin. Le trajet est dangereux sous les mitrailles des avions. A Sant'Eufemia s'organise la rude vie des réfugiés. Michel, un jeune idéaliste, tombe amoureux de Cesira et trouble Rosetta.
Festival de Cannes 1961 : Prix d'interprétation féminine (Lauréat)A notre époque régressive (l'irrespect et l'injure étant vite invoqués non sans raison d'ailleurs), plus d'un sourcil va se froncer en revisitant cette oeuvre : traiter la fin de la seconde guerre mondiale par le biais d'une épicière sexy sous les bombes (Sofia Loren) la flanquer d'une jeune fille faiblarde et d'un intellectuel non résistant (Jean-Paul Belmondo), c'est d'un goût discutable... Quant à cette traque africaine dans l'église : Messieurs de Sica et Conti, honte à vous... Bon, et bien personnellement, ces considérations cinquante ans après le tournage m'ont rappelé que guerres et catastrophes naturelles rendent les individus méconnaissables. Notons ici que les rôles secondaires rajoutent des nuances dans les comportements, drame et gaieté font que c'est supportable (même s'il arrive d'escamoter les sous-titres blancs sur blanc). On dirait un documentaire italien de 1943 sauf qu'il est mieux filmé que l'actualité. Faim au ventre et mort qui rôde : instincts débridés, l'entraide ou le sauve-qui-peut selon les circonstances... "La Ciociara", outre ses décolletés sauvages et ses jambes prêtes à courir, porte ce naturel, le pour et le contre entre elle et son prochain sans cesse pesé, sait-on jamais si la minute suivante faisait défaut : la beauté de Sofia Loren incarne bien ces valeurs immuables.
Rôle dans ce film : Cesira
Rôle dans ce film : Michel