
André Cayatte avait tourné un film à peu près similaire (une errance dans le désert) mais, en vieux Briscard de la manivelle, il l’avait truffé de scènes énigmatiques histoire de faire monter la tension (l’attention aussi) du spectateur. Rien de tout cela avec Kelly Reichardt qui prend le contre pied du cinéma hollywoodien. Dans le cadre d’un récit muet, il existe des techniques cinématographiques qui permettent de suivre l’action sans s’ennuyer (voyez, par exemple, les plans séquences du « silence de la mer » de J. P. Melville mais aussi, du même auteur, la scène où Jensen dans « le cercle rouge » prépare les balles qui vont servir au casse). Mme Reichardt semble ignorer ce B.A.BA ou bien, elle refuse de l’utiliser avec ‘idée saugrenue de réaliser une épure. Il en résulte 1H50 d’ennui mortel ponctué des grincements de l’essieu du chariot. Plus rasoir tu meurs ! Tel qu’il est conçu (cadrages, montage) ce film mérite d’être un court métrage d’une demi heure et pas plus. Alors, là, oui, on pourra dire que c'est un bon film car le scénario n'est pas sans intérêt.
Le Western est un genre qui n'en finit pas de mourir. Parfois jusqu'à renaître dans des éclats inattendus. C'est le cas de La Dernière Piste, un western sur les balbutiements de la conquête de l'ouest. Kelly Reichardt, par ses choix audacieux, donne une nouvelle jeunesse au genre avec ce film puissant et surprenant.
une petite perle. sans doute pas vraiment un western, loin des attendus du genre. un moment de rêverie dans la dureté de l'ouest. il y a un moment où on ne sait d'ailluers plus vraiment si c'est du rêve ou de la réalité. et peut importe. pour les amateurs de films poétiques mais pas mièvres, et qui sont prêts à prendre un peu le temps.
ce film est plein de promesses et il les tient. Au pas lent des boeufs de trait et des bottines montantes de ces 3 femmes, à la fois effacées et audacieuses, discrètes et dures, le réalisateur nous jette dès les premières images dans le désarroi de ce petit groupe "qui a perdu la piste". Pas de faux semblant, on est perdus. Objectif donc, retrouver le bon chemin, mais pour cela trouver de l'eau et survivre. Un film presque en noir et blanc à force de personnages gris, de paysages écrasés de poussière et de soleil, des contre-jour aveuglants, des éclairages au feu de bois, des images splendides. Un film sans bande son ou presque, ... rien qui vienne distraire le spectateur de son sentiment de piétiner à la recherche lui aussi d'un signe. L'indien de service ne joue pas le rôle traditionnel, inattendu, anachronique, ... trouvera-t-il l'eau ? On aimerait que ce type de film ne soit pas seulement sélection pour les prix mais qu'il en obtienne pour encourager les réalisateurs sur cette voie.
Avec "Old Joy" et "Wendy et Lucy", la réalisatrice Kelly Reichardt est devenue une des révélations majeures du jeune cinéma américain. C'est sans doute pourquoi "la dernière piste" vient d'être couvert d'éloges par la critique française dans sa grande majorité. Est-ce mérité ? Ayant adoré "Wendy et Lucy", je partais avec un apriori favorable face à ce qui était présenté un peu partout comme un western. En fait, "la dernière piste" est au western ce que le mouvement slowcore est au rock : on avance lentement, rien n'est souligné, la tension nait d'une certaine forme de somnambulisme. Dans ce film la conquête de l'ouest redevient ce qu'elle a dû être dans la réalité : un lent cheminement dans lequel il est important de ne pas se perdre, avec la peur de manquer d'eau et la crainte de se trouver face à face avec une tribu indienne. Ici, un guide, Stephen Meek a entrainé un petit groupe de colons sur ce qu'il a présenté comme étant un raccourci. ils se sont donc éloignés des autres colons qui suivent la piste de l'Oregon. L'indien qu'ils rencontrent va-t-il les conduire vers leur salut ou vers la mort ? Le film alterne plans fixes et mouvements de caméra très limités. Parfois, la caméra observe de très loin ce petit groupe, parfois, au contraire, elle scrute en gros plan les expressions des personnages. Petit à petit, le spectateur a l'impression de faire partie de cette poignée de colons, au point qu'on a du mal à quitter le film. Il n'empêche que la première demi-heure du film est quand même quelque peu soporifique !
Convoi restreint aux jupes traînantes et aux chapeaux ronds à oeillères, avarice de dialogues, musique faisant des signaux. On détecte les petits détails de très loin grâce au format carré. Sous la beauté picturale indéniable, c'est un pur western bien rude avec de la crasse sur les peaux et sur les tissus, les rivalités de pouvoirs. Premier western entièrement conçu par une femme (curieux que cela soit tu...). On est dans la lignée de "Appaloosa" et "True Grit" par la modernité de ton. Quelques outrances signant la féminité de base : face au trappeur qui dragouille, l'indien séduisant de bestialité, le droit de choisir son apprivoisement en fonction de son flair... Voici une femme qui tire sans se poser en virago une seconde ! C'est longuement statique à la manière des films de l'est mais attention aux branle-bas de combat au plus fort des tensions. Proche des films sur le désert avec l'impression de mirages successifs, la soif, et pourtant on commence par laborieusement traverser une rivière... Les images ultimes laissent leur marque, en pleine contradiction avec ce qu'a véhiculé longtemps la culture anglo-saxonne. Et pourtant tout reste ouvert !
Ce film, qui peut être qualifié de western de par sa localisation, n'a rien à voir avec les autres du genre. C'est peut être la première fois qu'on voit l'odyssée de la marche vers l'ouest comme une épreuve terrible, d'une lenteur agonisante, où l'absence de repères de tous ordres faisit ressortit la difficulté des choix humains. C'est lent, mais cette lenteur n'est pas gratuite. On vit au rytme de cette épreuve, de cette obstination, qui n'est pas la ruée vers l'Ouest, oh non. Instructif et émouvant, bien joué dans l'esprit de l'histoire !
Quelle surprise ce western, très peu de violence, un scénario lent et précis, des paysages à couper le souffle, on est dans un autre regard sur le Western, dépassionné mais passionnant...Des dialogues et une atmosphère art et essai, le film est dans un registre d'une grande originalité qui défie les conventions du genre pour nous faire approcher un mythe moins inaccessible de cette période américaine..Il s'agit de traverser le désert en compagnie d'un guide trappeur en conflit avec la rudesse bienveillante d'un indien....C'est un film austère (un peu comme La Route)et réaliste mais d'une grace que j'ai trouvé très émouvante...J'ai vraiment aimé
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