
L’auteur de la sublime Ciénaga avait subi les huées du public cannois lors de la présentation de La Femme sans tête, en compétition, en 2008. Toujours divisée sur le sujet, la presse continue la polémique, tandis que les internautes, eux, sont sous le charme.
"À voir les yeux grands ouverts" le nouveau film de Lucrecia Martel peint la bourgeoisie avec un regard "féroce" (corrio). Si Lventriloque destine plutôt ce film à "un public averti", il loue "les subtilités de pro" de la caméra de Martel.
"Totalement incompréhensible" pour Libération, La Femme sans tête n’a pas emballé une partie de la critique dubitative devant "un style qui tourne à vide" (L’Express). Les autres sont fascinés par cette "interrogation existentialiste" (Les Inrocks), portée par "une époustouflante comédienne" (Télérama). Avec ou sans tête, la meilleur façon de se faire une idée, c’est donc d’y aller.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
La tension entretenue de façon admirable résulte de cette incertitude initiale, qui va contaminer le film de bout en bout. C'est en cela que La Femme sans tête est aussi, et comme sans y toucher, un très grand film politique. D'abord, parce qu'il décrit avec subtilité les mécanismes silencieux qui permettent à une classe sociale de s'exonérer de sa culpabilité et de préserver ses privilèges.
Comme tous les films de Lucrecia Martel, La Femme sans tête est une mise en question de ce que l’on appelle la “réalité”, une réflexion sur la subjectivité de la perception, une interrogation existentialiste sur “l’être là”. Soit une définition possible du cinéma.
Lucrecia Martel raconte ici l'histoire d'une bourgeoise rongée par le doute après avoir heurté quelque chose sur la route - Un être humain ? Un animal ? Quoi d'autre ? Lucrecia martèle le thème de l'indifférence des classes aisées en Argentine et surligne les émotions. Pour briller à nouveau, elle devrait songer à sortir d'un style qui tourne à vide.
La Femme sans tête est un film totalement incompréhensible de Lucrecia Martel. Mais ça n’est pas de la poésie pour autant. Simplement de la confusion.
« La femme sans tête » intrigue par sa mise en scène tout en faux semblants, à la lisière du fantastique, avant de perdre le spectateur à force de s’écarter des chemins narratifs classiques. Dommage.
Si le film se bornait à ce portrait d'une « femme sous influence » qui se défait sous nos yeux, il serait déjà impressionnant. Complexe, mais passionnant. D'autant que, aidée par son époustouflante comédienne, María Onetto, la réalisatrice parvient à rendre tangible cette réalité qui s'estompe, ce vide qui s'instaure.