
Déjà auteur des remarqués Bombon el Perro et Historias Minimas, l’Argentin Carlos Sorin continue son petit bonhomme de chemin dans la galaxie du cinéma d’auteur international. Dernier opus en date, cette modeste Fenêtre semble avoir séduit les spectateurs de tous poils.
Côté internautes, on est sous le charme de cette "histoire passionante" (fabien_olivetto). Subjugué par ces "images simples" et une lumière "d’une grande beauté", Sevenreizh est visiblement sorti conquis de la séance.
Un peu plus modérée, la presse n’en loue pas moins la "douceur et la mélancolie" du travail de Sorin (Télérama) et son "formidable acteur" (Le Monde). "Poignant" et "jamais larmoyant" pour Libération, force est de constater que cette Fenêtre-là touche au cœur et reste ouverte bien longtemps dans celui des spectateurs.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Le cinéaste argentin, auteur de Bombon el perro ou de Historias minimas qui a voulu rendre hommage à Ingmar Bergman et à ses Fraises sauvages, filme par touches impressionnistes et minimalistes. Pas un mot ou une image de trop, une douceur apaisante. Un film solaire.
Carlos Sorin filme la mort comme une dissolution ou plutôt une évaporation. L'angoisse métaphysique reste très loin, à l'arrière-plan, le propos est plus simple - le premier jour de la mort, c'est encore la vie. Un formidable acteur n'a pas grand-chose à faire, juste à lâcher prise au fil des séquences, à se laisser glisser.
Carlos Sorin, auteur du déjà formidable Bombon el perro (2005), aime les échappées belles et s'aventure sur le terrain du mélo et de l'onirisme. C'est émouvant, jamais pathétique et toujours soigné. Un rayonnement qui tord le cou à l'imminence de la mort, pour célébrer la vie, si ténue soit-elle.
La courte durée de la Fenêtre permet au film de ne jamais sombrer dans le pathos, malgré un sujet idéal pour séquences larmoyantes et musique pompeuse. Le drame qui se joue ici - les derniers instants d’une vie -, avec unité de temps et de lieu, est poignant dans son apparente simplicité, son économie de dialogues, la dignité de ses personnages, la lumière qui éclabousse la pellicule.
Le film ressemble à une nouvelle qui s'étirerait avec grâce, entre douceur et mélancolie.