
Ce western se déroule en 1913, une bande de hors la loi attaquent une gare…Face à eux, Harrigan un représentant de la compagnie, qui les traquera jusqu’au bout. Avec ce film, Sam Peckinpah prend au contre-pied l’image du western classique, mythique. Dans ce film les criminels ne sont pas des gentlemen, ce sont de véritables bouchers. Point de vision romantique de la violence dans ce western. Les personnages sont de vrais desperados, pillards, mercenaires et prêt à se vendre au plus offrant. Tout est violence dans ce film, mais elle est justifiée contrairement à certains westerns spaghettis. Lorsque l’un d’eux est attrapé, ils retrouveront un certain sens de l’honneur. Et c’est dans cette situation apocalyptique qu’ils redeviendront, à nos yeux, de vrais héros. Je trouve que les décors sont absolument superbes dans ce film, et le réalisateur en joue à merveille pour accentuer les effets dramatiques du récit. Pour moi, ce film reflète tout à fait l’Amérique de 1969, car la violence du film ne fait qu’insister sur le chaos crépusculaire aboutissant fatalement à une fin tragique, chaos souligné par un montage hyper éclaté. Ainsi Peckinpah dénonce, à mon sens, la cruauté et la bêtise humaine d’une société qui n’arrive pas à s’adapter à la modernité. Bien avant Clint Eastwood, Sam Peckinpah sonnait le glas de la mort du western,, tant le film est pessimiste. Le mal ronge le film dès la première séquence, et Peckinpah ne manque d’ailleurs pas de cynisme puisqu’il nous montre des enfants se délectant du spectacle d’un scorpion dévoré vivant par des fourmis. Finalement, seule la camaraderie entre les bannis nous permettra quand même de nous identifier à eux, qui comparés aux chasseurs de prime, sont assez gentils en définitive. Les plus mauvais du groupe sont éliminés en premier, ce qui me laisse croire que Peckinpah essaie de jouer sur deux tableaux, western classique et néo western visant le réalisme, puisqu’il utilise quand même le manichéisme et les valeurs du western ancien. De plus, le massacre finale épargnera miraculeusement les paysans, c’est pourquoi je reste assez peu convaincu sur le discours de Peckinpah, qui s’amuse un peu trop à nous manipuler, et ce malgré la violence de certaines scènes.
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