
Il faudrait aller demander aux entrepreneurs européens du Bâtiment s'ils sont si loin de la débrouille de ce père matérialiste qui déjante. Que ne ferait-on en pareille situation avec trois gosses en bas âge ?... Aucune certitude que l'esprit de famille du côté des frères et soeurs soit partout à ce point présent. Tout du long, on a cette hésitation entre appuyer ou effleurer, résolue par des focalisations spontanées sur les attitudes, une atmosphère générale qui fait penser à Ken Loach. J'ai aimé l'ensemble mais trouvé qu'un accident de la route aurait été moins atroce comme contexte de bouleversement, celui décrit peut créer la stupeur, tout comme cette chanson symbole...On a bien toute l'ambiguïté des Roumains en revanche, grand moment que ce revirement du jeune avec sa déduction imparable !
Un film social italien plutot vivant même s'il y a un certain académisme latent au cinéma italien depuis quelques années, ce n'est pas ce film qui rendra sa vigueur à un cinéma convalescent ...Malgré tout cela reste un portrait juste d'une famille heurtée par la vie..Le film n'est pas morose et les acteurs jouent juste..Autrefois dans les années 60 les réalisateurs savaient faire marcher un héros en silence dans les rues de Rome....On peut regretter que ce regard n'existe plus sans nostalgie aucune, le film est essentiellement concentré sur les dialogues ce qui nuit par moments à l'émotion....Le silence est une ponctuation nécessaire dans la vie et sans doute au cinéma...Quoiqu'il en soit cela reste un film efficace actuel et intéressant, la vie d'un homme à Rome en proie à des difficultés.
Ils sont jeunes, amoureux, elle est enceinte de leur troisième enfant, et si la vie n'est pas toujours rose pour ce couple italien vivant dans la banlieue de Rome, Claudio ouvrier dans le bâtiment, et la jolie Elena sont heureux... Mais la naissance du petit dernier laisse le jeune père seul, en proie à sa douleur et surtout à sa rage: s'abrutir dans le travail gagner de l'argent, raccourci rapide pour se venger de l'injustice du sort: un époux meurtri mais un père qui ne se laisse pas abattre... Superbe interprétation de Elio Germano qui a bien mérité son prix ex-aequo avec Javier Bardem, et la peinture sans concessions de cette Italie actuelle qui n'évite ni le racisme ni la corruption, et comporte de beaux moments d'émotion: la famille omniprésente, solidaire, aimante, qui va permettre à cet homme simple, qui déborde de vie et d'énergie de se reconstruire. Un film un peu inégal dans sa volonté de tout traiter, le social et l'intime, mais un ton juste et attachant...
Il y a déjà 4 ans, un film italien nous avait enchantés et nous avait prouvé que, quoiqu'on en dise, le cinéma italien n'est pas mort et enterré. Ce film, c'était "mon frère est fils unique" de Daniele Luchetti, déjà réalisateur, en 1991, du "porteur de serviette". "Mon frère est fils unique", présenté dans la sélection "Un certain Regard" de Cannes 2007, avait déjà le comédien Elio Germano en tête d'affiche. En 2010, Daniele Luchetti avait de nouveau droit à la Compétition Officielle du Festival de Cannes et Elio Germano, de nouveau tête d'affiche, y a même obtenu le Prix d'interprétation masculine, partagé avec Javier Bardem ("Biutiful"). Même si "La nostra vita" n'a pas la force de "mon frère est fils unique", nul doute qu'il s'agisse d'un film très fort sur un sujet assez universel : quelle place donner au fric dans son existence ? Claudio, qui travaille dans le bâtiment, est très amoureux de sa femme avec qui il a 2 enfants. Malheureusement, elle meurt lors de l'accouchement du 3ème. Claudio décide alors , afin de conjurer sa douleur, de consacrer sa vie à faire du fric, quitte à passer par toutes les magouilles possibles, quitte à oublier complètement la légalité. N'oublions pas que ce film se passe à notre époque, dans l'Italie de Berlusconi, où le culte de l'argent et du bling-bling est, pour certains, une sorte de religion. Mais l'Italie est également un pays dans lequel la famille représente un pilier important de la vie sociale. Daniele Luchetti, sans jamais forcer le trait, nous montre avec beaucoup de générosité la vie de Claudio, entre arrangements plus ou moins sordides et solidarité familiale. Il ne cherche pas à juger, à instrumentaliser, à moraliser, il se contente d'accompagner Claudio dans sa vie professionnelle et dans sa vie familiale : au spectateur de construire sa réflexion à partir de ces éléments. Bien entendu, le prix d'interprétation attribué à Elio Germano a été critiqué par certains journalistes grincheux. Quand on pense que c'est le même jury qui a donné la Palme à "Oncle Boonmee", on se dit qu'ici, ils ne se sont pas moqués des spectateurs, même si mon favori était plutôt le comédien chinois Xueqi Wang ("Chongqing Blues", pas encore sorti). En tout cas, "La nostra Vita" est un film qui mérite un large public.
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