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France-Autriche - 2000 - 2H10 -
Genre : Drame psychologique
Interdit - 16 ans Date de sortie : 09/01/2001 Un film de : Michael Haneke Avec : Isabelle Huppert, Annie Girardot, Benoît Magimel |
Erika, la quarantaine, est professeur de piano. Pour échapper à l'emprise de sa mère, avec laquelle elle vit en vase clos, elle fréquente en secret les cinémas pornos et les peep-shows, sa sexualité se résumant à un voyeurisme morbide et à des mutilations masochistes. Jusqu'au jour où l'un de ses élèves se met en tête de la séduire...
Si l’interprétation d’Isabelle Huppert est impressionnante, le film est vraiment dérangeant, dans le mauvais sens du terme. C’est noir, sordide. Ce fut presque une épreuve de le regarder sans que cela m’apporte quoi que ce soit. Il me semble qu’il y a sur le personnage principal, une accumulation un peu gratuite de névroses et de fantasmes, dans le seul but de perturber le spectateur.
A Cannes, la projection de La Pianiste, le nouveau film du cinéaste autrichien Michael Haneke, inspiré du roman éponyme de Elfriede Jelinek, avait suscité autant d’applaudissements que de rires et de beuglements. En cause, d’évidence, la complaisante crudité de certains inserts pornos, la cruauté de scènes masochistes, la dureté ou le comique ridicule de quelques affrontements verbaux mais surtout, sans doute, la rage et l’impudeur avec lesquelles sa principale interprète, Isabelle Huppert, s’est précipitée dans ce rôle, l’un des plus violents de sa carrière. Un don de soi, nécessairement, et des implications physiques dont on mesure à l’écran les risques et les douleurs. Le cinéaste autrichien qui – en 1997, avec Funny Games – avait horrifié une bonne partie de son public raconte ici l’histoire d’une pianiste virtuose qui porte sur son dos le poids d’une culture idolâtrée. Pour cela, elle a du renoncer à sa vie de femme, coincée entre un père dément et une mère tyrannique, refusant de corrompe son intelligence par des sentiments. Sa sexualité non vécue, elle l’assouvit à travers le voyeurisme et le sado-masochisme. Sa rencontre avec un jeune homme va remettre en question ses principes de vie et accélérer le cours de sa névrose. Haneke filme en longs plans-séquences dépassionnés l’évolution de ce cas pathologique qui lui permet, une fois de plus, de dévoiler les travers de son pays et de gratter le vernis des belles façades. Crûment, il entraîne Isabelle Huppert – impressionnante de vérité, dans l’hystérie comme dans le non-dit – dans des jeux dangereux et sans issue, terrains de luttes impitoyables entre hommes et femmes, parents et enfants, professeurs et élèves, voire entre le sacré et le sordide et le spectateur et le réalisateur. La Pianiste est un film aussi tranchant qu’une lame de rasoir, pareille à celle dont se sert l'héroïne pour se mutiler le sexe dans une des scènes les plus dérangeantes de ce film glaçant dont on sert difficilement indemne. Contre toute attente, il repartit de Cannes avec un Grand prix du jury et deux prix d’interprétation, l’un – incongru – à Benoît Magimel, l’autre – amplement mérité – à Isabelle Huppert.
Festival de Cannes 2001 | Lauréat pour : | Prix d'interprétation féminine |
Festival de Cannes 2001 | Lauréat pour : | Prix d'interprétation masculine |
Festival de Cannes 2001 | Lauréat pour : | Grand prix |
