
Courage, discriminations et partage...
Artistes de cirque, Patty et son mari Walter vivent dans un camping à la périphérie de Rome. Un soir d'hiver, Patty trouve dans un parc voisin une fillette de deux ans abandonnée par sa mère. Contre l'avis de Walter, elle décide de garder l'enfant chez elle. La petite Asia découvre une nouvelle vie au milieu des saltimbanques, des roulottes et des animaux. Chaque jour qui passe renforce un peu plus la relation entre Patty et la fillette. Mais un matin, Patty reçoit une lettre de la mère d'Asia...
Ce qui frappe d'entrée dans ce film de Tizza Covi c'est l'extraordinaire naturel de cette femme-aux-cheveux-rouges,Patrizia Girardi qui, comme les autres participants n'est pas une actrice professionnelle, mais fait partie des gens du voyage, groupe dans lequel on va s'immerger pendant plus d'une heure et demie, un univers où solidarité et entraide sont le ciment d'une communauté qui nous fait regarder au-delà et au plus profond des êtres... Des scènes merveilleuses de complicité entre Patti et Asia, "La Pivellina", adorable petite fille de 2 ans à laquelle chacun va s'attacher: beaucoup d'amour, jamais d'esbroufe dans cette relation filmée avec une volonté de simplicité et de réalisme exempte toutefois du moindre misérabilisme ce qui fait sa force. Une belle histoire d'amour, un film vrai, servi par des gens formidables...
Oeuvre italo-autrichienne projetée au dernier "Univerciné" nantais et repartie bredouille, quelle erreur !... La dame aux cheveux rouges appelant son Hercule tient pourtant ses promesses dès la première seconde... A peine deux personnages frôlé du côté des balançoires et on se dit qu'on aurait nous aussi pris cette toute petite sous notre aile. Oeuvre d'un naturalisme dardennesque flirtant avec le néoréalisme italien, qui décrit ces liens spontanés hors du sang. On peut y voir le postulat d'une société permettant de se charger des enfants perdus comme on le fait parfois aujourd'hui des animaux... Mais le charme majeur vient de la toute jeune Asia Crippa (grands yeux tristes, déjà !) face à la matrone de cirque (Patrizia Gerardi) une bourrue manquant un peu de réalisme au goût de son compagnon... La manière dont c'est filmé, caméra portée au plus près de l'action ou de l'inaction, attache à cette famille qui marche mieux que bien des vraies. Une fillette parachutée dans un milieu rude mais structuré. Non seulement il lui est fait une place, avec une sorte de frère en récompense, mais on lui parle, que demander de mieux ?
Rôle dans ce film : Patty
Rôle dans ce film : Walter