
Une fois n’est pas coutume, le dernier film champêtre de Jean Becker nous permet de revenir aux fondamentaux du débat cinématographique : quand le public aime, la presse déteste. La preuve par deux.
La critique nous rappelle d’abord que "les bons sentiments ne suffisent pas à faire un bon film" (Télérama) et que, quand "le scénario prend l’eau" même un Gégé "parfait" ne peut rien (L’Express). Au final, pour Le Monde, le résultat est le même qu’après la vision de "vidéos de chatons qui courent sur un clavier de piano". Ça, c’est fait.
Il faut donc croire que les cityreporters ne se lassent pas de ces minets, puisque pour un TiTi_74 qui trouve ça "mièvre", le reste des internautes ne tarit pas d’éloges sur ce film "magnifique" (patoushka), le récit "bouleversant" (nauthomm), "plein de tendresse" (F4F), et la "sobriété" de l’ensemble (islander). De quoi vous défricher le terrain.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Lente initiation qui voit la métamorphose du colosse Depardieu pris sous le charme de Gisèle Casadesus, abeille malicieuse et épicurienne. Cinéaste à l'ancienne, Jean Becker observe ces deux personnages, sans interférer dans cette alchimie qui les unit. Depardieu l'autodidacte fait passer toutes les émotions. Ce rôle est taillé pour sa carcasse usée et il n'a jamais été aussi juste, aussi sincère, face à sa frêle partenaire, tout en élégance.
On obtient le même résultat en regardant des vidéos de chatons qui courent sur un clavier de piano.
Le scénario prend l'eau, évite les surprises et aligne mollement les scènes. Mais GD est parfait. GC aussi, d'ailleurs. Sauf que c'est lui qu'on observe. Cela dit, offrir ce rôle à GD, c'est comme donner du cochon à la confiture. Un peu énervant, quand même. [...] Il est là. En place. Tranquille. Sans forcer. L'air de tout savoir du monde et de son personnage. Heureux de s'amuser. La prochaine fois, le film sera bien aussi.
Savoir cultiver son vocabulaire comme son potager, aider son prochain et lire Camus : il faudrait être un monstre pour être contre cet enseignement généreux, avec un grand G comme Gérard Depardieu. Comment aussi ne pas s'émouvoir de retrouver si pimpante Gisèle Casadesus, la doyenne du cinéma français... N'empêche : les bons sentiments ne suffisent pas à faire un bon film.