
Une fanfare entre deux mondes
Un jour, il n'y a pas si longtemps, une petite fanfare de la police égyptienne vint en Israël. Elle était venue pour jouer lors de la cérémonie d'inauguration d'un centre culturel arabe. Seulement à cause de la bureaucratie, d'un manque de chance ou de tout autre concours de circonstance, personne ne vint les accueillir à l'aéroport. Ils tentèrent alors de se débrouiller seuls, pour finalement se retrouver au fin fond du désert israélien dans une petite ville oubliée du monde. Un groupe de musiciens perdu au beau milieu d'une ville perdue. Peu de gens s'en souviennent, cette histoire semblait sans importance...
Drôle, grave, émouvante, quelle belle rencontre entre ces musiciens égyptiens comme tombés du ciel et cette petite communauté juive ravie de ce passage inespéré dans leur bourgade où l'ennui le dispute à la solitude et la grisaille quotidienne ! Une fanfare emmenée par Toufik : Sasson Gabai, sa maladresse et sa gaucherie touchantes, ses regards en coin gênés, admiratifs mais toujours délicats et pudiques quand ils se posent sur Ronit Elkabetz: la belle, libre et sensuelle Dina qui derrière son sourire éclatant cache la générosité d'une belle âme... Des êtres avec la même tendresse, les mêmes désirs, et qu'importe alors qu'ils soient Egyptiens ou Israéliens : superbe scène à cet égard où le beau gosse de la Fanfare, décrit en arabe au jeune Juif inexpérimenté qui boit ses paroles en les devinant, ce qu'est faire l'amour.... Un film tout en nuances, teinté d'humour et d'une subtile mélancolie, qui révèle les êtres plus qu'il ne les dévoile , et surtout une formidable leçon d'espoir...
C'est un beau film, avec de l'humour, parfois triste... des gens qui n'auraient pas dû se rencontrer... mais qui par ce hasard, se comprennent, car chacun est paumé dans son coin... L'amour ou la tendresse est aussi dans ce voyage.
Rôle dans ce film : Tewfiq
Rôle dans ce film : Dina