
Le chevalier des sables
Laura Reynolds, artiste peintre, est une jeune femme libérée mais déçue par ses relations amoureuses avec des hommes qui ne voyaient en elle qu'une beauté sensuelle. Elle vit retirée dans une maison isolée sur la splendide côte californienne de "Big Sur" et a décidé de se charger de l'éducation de son jeune fils d'une dizaine d'années, ce qui déplaît aux services sociaux. Profitant d'un incident, ceux-ci l'obligent à confier son instruction à un établissement scolaire dirigé par Edward Hewitt, un pasteur marié et heureux en ménage. Ce dernier, homme intègre aimant son épouse, va être subjugué par cette artiste étrangère à son entourage habituel. Elle-même est attirée par cet homme solide et droit, si différent de ses amis bohèmes. Commence alors entre eux une relation passionnée et charnelle. Cet amour "interdit" auquel il ne peut résister, altère le comportement de ce pasteur et son épouse va finir par découvrir sa liaison...
Eternel dilemme des vertiges humains. L'oiseau et son attelle, ces mains qui se frôlent, symbolisent la crise en marche entre deux milieux interdits d'intimité. C'est tourné à "Big Sur" refuge célèbre d'artistes... Ah, que c'est beau ces grandes vagues, l'exigence d'espace de ces années-là où les Etats-Uniennes vivaient à leur guise en élevant un enfant sans père, juste un copain de temps en temps (début de la période hippie). La nature est photographiée en long en large et en travers comme pour rappeler que tout ne cesse jamais de se transformer. Le charme général vient des dialogues et de l'impasse vécu par le duo (Burton et Taylor). Ondule une apparition hitchockienne toujours d'égale humeur (sauf une fois) avec sa jupe beige boutonnée à l'arrière (Eva Marie Saint). Tout bascule après cette bagarre spectaculaire sur la plage... Admirable tenue de prêcheur, aussi dissuasive qu'une armure. Minnelli sait rendre tellement attachants ses trois portraits que la bigamie semble la normalité.
Rôle dans ce film : Dr. Edward Hewitt
Rôle dans ce film : Laura Reynolds