
Ozon c’est comme le Beaujolais : chaque année, il revient, sans qu’on sache s’il a toujours le même goût ou s’il est un poil différent. En tout cas, il est globalement bien accueilli parce que, malgré tout, on aime bien ça.
Hormis Le Figaroscope qui ne voit là qu’"artifice et flatterie spécieuse", l’ensemble de la presse est attendrie par le talent "désarmant et passionnant" d’Ozon (Télérama) et celui d’Isabelle Carré qui trouve ici "un de ses plus beaux rôles" (Les Inrocks). Sans chichis et avec "honnêteté", Le Refuge est donc un long-métrage "émouvant" (Le Monde).
Avis partagé par la majeure partie des internautes, séduits par ce "film parfait" où Isabelle Carré est "à son meilleur niveau" (Edo_HOU). Une déclaration d’amour même pour islander qui "aime tout simplement" Ozon et ce film empli de "douceur". Il est des refuges qu’il est bon de fréquenter.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Ozon tente vainement de "relooker" le film à thèse, avec le talent d'Isabelle Carré. Tout est artifice et flatterie spécieuse pour justifier l'homoparentalité.
Peut-être parce que Louis-Ronan Choisy, musicien qui fait ici ses débuts d'acteur, reste un peu transparent, le regard reste rivé sur Isabelle Carré. Mousse est un personnage changeant, qui passe d'une admirable sérénité à des accès de mesquineries effrayants. A travers ces aléas, Mousse reste nimbée d'une espèce d'aura (il y a quelque chose de catholique dans la façon qu'Ozon a de mettre en scène cette grossesse). Elle a trouvé un refuge pour mettre son enfant au monde, mais surtout, c'est elle le refuge. Et l'épilogue brutal de ce film émouvant à force d'exactitude et d'honnêteté, montre que, comme tous les refuges, il est voué à être emporté par le temps.
Deuil, maternité : François Ozon propose de subtiles variations sur des thème chers. Isabelle Carré trouve dans Le Refuge un des plus beaux rôles de sa carrière, et sa performance mérite tous les éloges [...]. La grande surprise du film vient du chanteur Louis-Ronan Choisy, qui incarne Paul. Pour sa première apparition à l’écran, il apporte beaucoup de douceur et un jeu antinaturaliste qui évoque les héros surannés des films de Rohmer. Après l’incompris et sous-estimé Ricky, Le Refuge confirme qu’Ozon vieillit bien, mieux que ses débuts tapageurs pouvaient le laisser craindre. La prolificité du cinéaste a fini par porter ses fruits et l’on est en droit d’attendre ses prochains opus avec une confiance et une curiosité renouvelées.
Porté par le talent d'une Isabelle Carré réellement enceinte au moment du tournage, [François Ozon] réussit à mettre une dose d'insolence et d'ironie dans un monde d'aujourd'hui qu'il sait impitoyable.
Dans Le Refuge, avec une empathie qu'on ne lui connaissait pas - parce qu'il ne tenait pas à ce qu'on la devine -, Ozon filme les hésitations, les fluctuations - les vagissements - d'adultes qui semblent naître en même temps que leurs bébés... Une génération finie, mais pas prête : pour tout assumer, assurer, elle demande juste un peu de temps. C'est à la fois désarmant et passionnant.