Déposé par LVentriloque le 02/09/2008
Dès le début du film, si on parvient à s'habituer aux expressions équivoques de l'actrice, on se demande bien à quoi vont mener ces échanges téléphoniques et ces déambulations d'un blouson à col de fourrure et d'un pantalon rouge moulé sur des fesses dodues... Lorna semble avoir un objectif après lequel elle va se poser. Puis on découvre qu'elle est est en mission permanente. Pas si dure que pressentie. D'intrigante elle devient bouleversante (ces poussées délirantes avec brusque arrêt) pour s'égarer dans un monologue qu'on espère transitoire. Changement de tenue, valse de billets, le pire se profile. Belle prestation générale, subtilité du scénario plein de méandres, rôle féminin captivant, je m'attendais à une chute fracassante. Les conditions de l'immigration peuvent bien être plus favorables qu'en réalité, des exceptions existent dans la débrouillardise puisque maints trafics continuent à échapper aux autorités, ça ne dérange pas vraiment... La chute sera pour une autre fois : m'attendant à plus clinquant vu la rébellion en marche, je reste un rien déçue du délitement final.
Déposé par electrique le 02/09/2008
Petit rappel à ceux qui reprochent au scénario de ce film de ne pas être crédible: la réalité dépasse (souvent) la fiction. Des portes qui se verrouillent les unes sur les autres, des placards, des tiroirs fermés. Tout est cloisonné, séparé, seuls quelques papiers circulent... ce film est intense. J'ai trouvé certaines scènes bouleversantes. Elles viennent alors qu'on ne s'y attend pas et nous éblouissent. Et puis très vite on voit mieux, ça nous ouvre les yeux en quelque sorte.
Déposé par colchique42 le 31/08/2008
Mettre en scene la mafia albanaise, bravo! Choisir de bons comediens, excellent..mais faut etre un peu credible..2 mariages blancs a la suite c'est beaucoup...des longueurs. Malgre tout, ça reste un film interessant avec une superbe comedienne et un tres bon Jeremise Renier.
Déposé par nononancy le 28/08/2008
Le silence de Lorna n'est pas le meilleur des frères DARDENE c'est un fait, mais on y retrouve bien leur "savoir faire", Lorna est murée dans son impuissance et c'est bien rendu et l'on perçoit bien l'implacable mafia qui trafique autour, il y a quand même pour la disparition du "Camé" un manque de mise en situation et la fin cède au facile "manièrisme cinématographique" cannois qui fait ne pas se "terminer" un film. Domage, mais c'est quand même du "grand cinéma", alors au prochain film, mais sans passer par la case du festival de canne !!
Déposé par JDep le 28/08/2008
Les frères belges ont encore frappé, juste et fort. Le silence de Lorna, prix du scénario cette année à Cannes, en s'attachant à peindre quelques effets dramatiques d'une immigration sans précédent, donne à vivre - modestement, sans donner de leçon - les états successifs d'une victime de sa gestion parallèle./ Quand Lorna (Arta Dobroshi), jeune Albanaise décidée à s'installer en Wallonie avec un compatriote, épouse à cette fin Claudy (Jérémie Rénier), toxicomane indigène en mal d'affection, c'est sans états d'âme qu'elle accepte pour lui le sort réservé par Fabio./Pertes et profits de la crise/ Fabio (Fabrizio Rangione) est le passeur mafieux, le marieur, un de ces profiteurs de la crise et du désarroi des candidats au sésame. Le mariage avec un Belge étant le plus sûr moyen de l'obtenir, il en a fait son business. "Le camé" - Claudy - touchera une première prime au mariage; quant au divorce, au lieu du second versement, l'overdose qu'on lui prépare aura le double avantage d'en permettre l'économie, et le remariage immédiat de Lorna - devenue belge - avec un nouveau candidat, prêt comme elle à débourser le prix fort pour le précieux papier.../ Le film s'ouvre sur la période "probatoire" du couple. On fait lit à part, le second matelas prêt à disparaître en cas d'inspection-surprise. On s'insupporte, on s'attache malgré soi... Complexité des sentiments et des situations, sobriété du jeu, intériorité du personnage central sont des constantes qui donnent à chacun des films signés Dardenne une épaisseur et une humanité à la hauteur de sujets aussi douloureux.
Déposé par corrio le 27/08/2008
Curieusement, cette année, pendant le Festival de Cannes, Nadette et moi avons été en désaccord sur pas mal de film. "Le silence de Lorca", qui sort aujourd'hui, en fait partie : Nadette a aimé, comme la plupart des membres de notre "groupe" cannois, moi vraiment pas trop !
"Le silence de Lorna"
de Luc et Jean-Pierre Dardenne
Aurais je un problème avec mes réalisateurs préférés dès lors qu'ils centrent leur film sur une femme venant de l'est de l'Europe et s'établissant à l'ouest ? Cela avait déjà été le cas avec "It's a free world" de Ken Loach et ça recommence avec "le silence de Lorna" des frères Dardenne. De nouveau, j'ai été gagné par l'ennui, cette fois encore généré par la grande maladresse dont fait preuve le film. Franchement, on reste ébahi que ce film ait pu avoir le prix du scénario au dernier Festival de Cannes, alors que c'est justement le scénario qui représente son gros point faible. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on ne peut pas croire une minute à l'histoire qu'il raconte. Que des truands envisagent d'organiser un mariage blanc entre une immigrée albanaise et un junkie belge, pour qu'elle puisse, quelques semaines plus tard, une fois le divorce prononcé (ou le junkie trucidé par overdose), faire de nouveau un mariage blanc pour qu'un russe puisse acquérir la nationalité belge, ça vous parait crédible ? A moi, non ! Le problème, c'est que, lorsque je ne crois pas au scénario d'un film, je m'ennuie. Alors, bien sûr, c'est plutôt bien mis en scène, mais on notera que c'est de façon très différente des oeuvres précédentes des Dardenne. Le personnage de Lorna (l'immigrée albanaise) est irritant, mais l'actrice (Arta Dobroshi) est excellente. Jérémie Renier joue très bien le rôle du junkie, qu'il arrive même à rendre sympathique. Manifestement, ce film devrait plaire au plus grand nombre. Il ne m'a pas plu !
Déposé par chas le 22/08/2008
Les Dardenne ont le chic pour aller chercher les destins les plus paroxistiques : l’enfant cette fois est imaginaire ; manière de prolonger la vie d’un ami sacrifié pour des magouilles au mariage blanc. Les mafias sont là, la drogue détruit tout. La belle détermination de l’Albanaise, jouée remarquablement, va-t-elle s’anéantir pour s’être trop raconté une vie meilleure ? Certains films franchissent difficilement les barrières de la notoriété, mais il est immérité que lorsque des cinéastes ont gagné cette reconnaissance critique, ils soient systématiquement loués. La paire de forts réalisateurs ne réalise pas cette fois un film exceptionnel.