
This was Pina
En 2008, Pina Bausch, quelques mois avant sa mort, décide de reprendre son fameux spectacle Kontakthof, non plus avec sa troupe, mais avec des adolescents de 14 à 18 ans qui ne sont jamais montés sur scène et n'ont jamais dansé. Ce documentaire est leur histoire ...
Un spectacle absolument passionnant, né de l'enthousiasme encore intact en 2008, peu de temps avant sa mort, d'une grande dame de la danse ou plutôt de l'expression corporelle, et la reprise d'un spectacle que la chorégraphe avait elle-même interprété 30 ans auparavant : Kontakthof... 40 adolescents entre 14 et 18 ans qui ignoraient tout de l'art de la danse: concentration, efforts, ils vont tout apprendre, faire confiance à leur corps et s'ouvrir aux autres, un travail qui va balayer peu à peu leurs peurs, leurs inhibitions, qui va leur apprendre à donner avant de recevoir sous l'oeil sévère mais juste d'une femme qui n'aura toujours vécu que pour son art, celui de la vie et des rapports humains... Une belle réalisation ponctuée des interviews pleins de sincérité et de fraîcheur de ces adolescents qui ne seront plus jamais les mêmes grâce à cette expérience absolument unique...
Quel beau cadeau, à bénéfice réciproque, ont pu offrir ces adolescents à Pina Bausch pour son ultime spectacle ! La bienveillance des répétitrices permet à la fraîcheur de la jeunesse de réinvestir des émotions passées de la créatrice. Les répétitions pour dégauchir les gestes amènent au dépassement de chacun, avec son histoire singulière, à affiner leurs connaissances : work in progress. Des moments de grâce. Au-delà d’une technique, d’une posture, une monitrice qui a créé un personnage doit transmettre son savoir à une jeunette déjà blessée par la vie. L’ambigüité de la relation est dépassée par la générosité des unes et des autres. Le film aborde bien des complexités et rend la dynamique de l’art de la dame de Wuppertal dont le visage émacié s’éclaire quand elle parle de Paris. L’impassibilité qui est demandée souvent aux acteurs donne alors du prix à son sourire. Cette pièce dansée s’appelle Kontakthof, la chorégraphe dit : « Kontakthof est un lieu où l’on se rencontre pour lier des contacts. Se montrer. Se défendre. Avec ses peurs. Avec ses ardeurs. Déceptions. Désespoirs. Premières expériences. Premières tentatives. De la tendresse, et de ce qu’elle peut faire naître. » Exactement.La vie.