
La dernière ligne
Pendant que son fiancé étudie à l'étranger, Sara, étudiante à l'université, fait une rechute dans la prise d'héroïne. Lorsqu'il annonce son retour et envisage son mariage, Sara et sa mère s'embarquent dans un voyage désespéré pour trouver un centre de désintoxication à la campagne...
Ce film, réalisé par 2 réalisateurs iraniens venant du documentaire, a mis 5 ans pour arriver sur les écrans français. Il raconte l'histoire de Sara, une junkie de 20 ans habitant à Téhéran, en passe de se marier avec un compatriote qui étudie au Canada et qui ne sait rien de l'addiction de Sara. Bita, sa mère, divorcée, fonde beaucoup d'espoir sur ce mariage et veut l'amener chez une amie médecin habitant en province et dont elle espère qu'elle réussira à la faire décrocher. Rarement film aura montrer avec une telle force les ravages de l'addiction, qu'elle soit, comme ici, à l'héroïne ou à toute autre drogue. Par contre le film n'est pas sans défaut avec, en particulier, beaucoup de répétitions de scènes de manque, de conflit entre la mère et la fille, de réconciliation, etc. On notera que Baran Kosari, l'actrice qui joue Sara, ressemble beaucoup à Maria Falconetti, la Jeanne d'Arc de Dreyer.
Réalisé par un homme et une femme iraniens bien avant la présidentielle 2009 mettant le cadenas que l'on sait. Voici donc un milieu privilégié, la mère ingénieure, le père ex jouisseur aux jambes entravées mais pas le jugement. Entre eux cette petite aux traits butés, bien régressive à exhiber sa robe blanche... Très agréable photo sépia pour décrire l'intimité familiale, des acteurs plutôt convaincants dans l'entêtement qu'ils montrent à avoir des idées bien personnelles (et cette beauté digne du visage maternel !). Une nouvelle fois la modernité (portables), la vie trépidante des grandes cités (scènes en voiture), les rendez-vous sordides, l'inévitable mépris du dealer pour "la bourgeoise"... Avec son "qu'est ce que je vais faire ?" au plus fort des crises, la jeune fille évoluée redoute l'union qui se rapproche... Son zéro plaisir en dehors de l'addiction donne le vertige. Côté spectateur, étau politique et drogue dure forment une double peine pour l'Iran contemporain sous couvercle. Un film méritant, terrible, dont on est content de s'éloigner.
Rôle dans ce film : Sara
Rôle dans ce film : Sina, la mère