
Au vernissage de sa nouvelle exposition, Max rencontre un homme qui se préoccupe lui aussi de l'avenir de l'Allemagne au lendemain de la guerre de 14-18 : un ancien compagnon de régiment, peintre aspirant, sans famille, sans ami ni domicile fixe. Son nom : Adolf Hitler... Une étrange amitié se noue entre les deux hommes. Max prend Hitler sous sa protection, et l'encourage à exorciser sur la toile ses traumatismes, ses haines et ses angoisses. Un jeu dangereux, voué à l'échec, et qui mettra en branle la plus horrible tragédie du vingtième siècle.
Art + politique = pouvoir. Cette équation sur l'affiche résume tout le film. Ce n'est pas vraiment un film sur la jeunesse d'Hitler, et encore encore moins un film antisémite ou révisionniste, comme j'ai pu le lire, navrée, ici et là ( sûrement écrit par ceux qui voient en "Fight Club" un film pro-nazi). Le film montre la constitution d'une idéologie qui hésite à s'exprimer entre l'art et la politique. Ou alors l'art l'aide à s'exprimer en politique. Le contexte politique de l'époque est bien recrée, Hitler apparaît comme un homme sombre, torturé, pathétique et inquiétant, caractéristiques qui le rendent humain (ce qui a dû en déranger beaucoup). Humain mais pas attachant, mais fascinant. En cela il doit beaucoup à son interprète de génie, Noah Taylor. C'est un film intelligent, qui suscite la réflexion, pendant et après la projection. Un film qui n'aura pas de succès, mais ce n'est pas ce qu'il cherche, et qui sera sûrement redécouvert avec le bouche à oreille.
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