
Classique de l'expressionnisme allemand
Dans la cité futuriste de Metropolis, la révolte des esclaves gronde face aux castes privilégiées. Seule la jeune Maria a assez d'influence pour les calmer. Afin de la contrer, le chef de la cité fait fabriquer un robot à son image. Mais son fils aime la jeune femme et l'aide à lutter contre l'androïde, qui déclenche une catastrophe.
En 2011, le chef-d'oeuvre de Fritz Lang ressort pour la première fois dans sa version intégrale !
Nous sommes au 21ème siècle, alors que le film est de 1926. Métropolis est une cité où seule une caste privilégiée coule des jours au sommet de gigantesques gratte-ciel, tandis que des esclaves, travaillant sur le mode du taylorisme, s’échinent jours et nuit dans les souterrains des gratte-ciel. Freder, le fils du big boss ignore tout de ce bagne. Maria, prônant la résignation aux esclaves, lui révèlera la vérité. Souhaitant endiguer cette syndicaliste, le big boss fait construire un robot ressemblant à cette femme, pour mener la masse comme bon lui semble. Seulement le savant, responsable du robot, voudra s’en servir pour organiser une apocalypse. Maria et Freder sauveront la situation juste à temps sur le parvis de la cathédrale, en rassemblant les deux castes par leur union. Tout d’abord, les décors de ce film, le plus cher de son époque, sont littéralement monumentaux, surtout ceux des sous-sols ! Pensez aux univers de Jules Verne ou même H G Wells et vous y serez presque. Les effets spéciaux sont assez impressionnants pour l’époque : animation image par image, maquettes, images en rétro projection… beaucoup de trucages novateurs sur ce tournage qui dura 9 mois, ce qui est énorme, mais tout est démesure sur ce film !!! Métropolis, est l’un des meilleurs films visionnaires sur l’évolution de la société du 21ème siècle. Lang sut donner avant l’heure, comme dans M le maudit, le spectacle hallucinant de ce mal moderne, dénonçant la lutte des classes tout en proposant une solution qui reste tout de même utopiste. L’esthétique expressionniste de Lang conjuguée à des décors à l’architecture imposante et pesante traduisent parfaitement la vision apocalyptique de l’auteur. Les nombreux figurants firent également beaucoup à la force de ces images. La fascination ambiguë de Fritz Lang pour les sociétés totalitaire portèrent certains critiques à voir dans Métropolis un film annonciateur du nazisme. Ce gigantisme inhumain confère à Métropolis un aspect étrangement prophétique : L'enthousiasme d'Hitler et de Goebbels pour ce film y fit déceler par certains une anticipation de l'univers concentrationnaire, de par ces plans de corps entassés dans les sous-sols. Mais ce film ne serait-il pas plutôt progressiste ? N’oublions pas que dans ce film, le cœur rassemble le bras des travailleurs et le cerveau de l’élite. Un film d’une beauté plastique absolument superbe, Lang maniant les formes géométriques et les masses humaines comme personne.
Merci au Diago de ressortir ce classique de la Science-Fiction. Non ce n'est pas le Manga du même titre ! Pour ceux qui aiment la SF : allez-y, sur grand écran. C'est génial.
Rôle dans ce film : Maria / L'androide
Rôle dans ce film : John Fredersen