
Mirage de la vie
Lora Meredith, actrice au sommet de sa gloire, délaisse sa fille Susie et celui qui l'aime, Steve Archer pour devenir la maîtresse de l'auteur David Edwards. Mais très vite, elle revient auprès de Steve qu'elle accepte enfin d'épouser sans savoir que Susie est également amoureuse de lui...
Quatre beaux portraits de femmes : Lora, jeune veuve, mère d'une fillette, Susie, aussi blonde qu'elle, qui rêve de devenir actrice et peine à s'en sortir, sa servante noire et amie, Annie, mère elle-même d'une petite Sarah Jane, si blanche de peau que la fillette, ombrageuse et complexée, donne le change, niant ses origines. Un monde de femmes dans lequel les hommes paraissent bien fades, y compris John Gavin, Steve Archer, prétendant attitré de Lora, éblouissante Lana Turner... Tous les sentiments, toutes les sensations sont exacerbés, et les personnages féminins baignent dans l'excès, mais quel art du mélodrame ! L'enterrement d'Annie, qui meurt de chagrin, reniée par sa fille devenue entraîneuse dans un night-club, atteint des sommets d'émotion, et on n'est pas près d'oublier le gospel chanté par Mahalia Jackson...Un film qui est à replacer dans le contexte de l'Amérique raciste des années 50, où se fait jour la timide ébauche d'une liberté professionnelle et sexuelle des femmes, et on retiendra cette scène de violence très forte pour l'époque, où le petit ami raciste de Sarah Jane, tabasse la jeune femme parce qu'il a découvert qu'elle est noire...Un superbe mélo qui marque les adieux de Sirk à Hollywood et qui pourrait se conclure par la chanson du générique : " sans amour tu vis seulement une imitation de la vie"... PS : à noter que le personnage de Susie, Sandra Dee, est doublé par Françoise Dorléac...
Biographie de John Gavin
Biographie de Lana Turner