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Francais - 2004 - 59min. -
Genre : Drame
Un film de : Sandrine Rinaldi Avec : Serge Bozon, Valerie Donzelli |
C'est une liaison ancienne qui a laissé des traces, de plusieurs sortes : s'il n'y a plus d'amour, des preuves d'amour toutefois subsistent des lettres, surtout des photographies. Comme elle était tombée amoureuse, la jeune femme, très éplorée, est depuis tombée malade.
Des photographies compromettantes à récupérer, une promenade de santé et ce qu'il faudrait : effacer toute trace.
Sandrine Rinaldi a réussi un très beau film. Elle a transposé dans le Paris d’aujourd’hui, un dialogue de Denis Diderot : Les mystifications. Pour l’adapter au cinéma elle a écrit un prologue : Les premières scènes où Raphaël convoque son ami Richard à son cabinet d’orthophoniste pour lui exposer son problème. Elle a également réécrit la fin. Tout semble néanmoins avoir été écrit dans une langue du XVIIIe. Le choix de faire parler des personnages d’aujourd’hui dans la langue de Diderot crée le même décalage que Marcelle Meyer jouant Philippe Rameau au piano (on le joue généralement au clavecin). Le climat de cette langue étrange contribue à donner au film un climat insolite. S’y ajoute cadrage étrange dans un monde décalé. Sandrine Rinaldi a fort bien choisi l’actrice qui joue le rôle de Mme Therbouche : Lucia Sanchez. Celle-ci fait chanter, chatoyer, sourire et rebondir Diderot avec son accent espagnol. Et son sourire narquois face à la naïveté de Melle Dormet, fait des merveilles. Il faut voir la figure de Lucia Sanchez dans ce dialogue : "Desbrosses : Je suis Turc. Melle Dormet : Vous êtes donc circoncis? Desbrosses : Très circoncis. Melle Dormet (à Mme Therbouche) : Cela doit être singulier un homme circoncis. Mme Therbouche : Vous n’allez pas lui parler de cela." Lucia Sanchez avait déjà été excellente dans les premiers films de François Ozon, souhaitons que ce soit le gage d’une aussi belle carrière pour Sandrine Rinaldi.
