
Un film que la presse a globalement aimé, mais sur lequel les internautes sont très partagés...
Parmi ces derniers justement, il y a les grands déçus qui n'hésitent pas à détourner le titre : "Non ma fille, ton film n'est pas terrible" (Nikoplasm) ou "non, tu n'iras pas le voir" (ataegina). D'autres manifestent aussi leur désaccord mais sans ironie : fanoupa juge l'ensemble "ennuyeux", romanichel y a vu un "navet franco-français" et etainsel se plaint du "manque de chaleur" et de "sensibilité". De l'autre côté, on trouve coussine qui salue la "prestation" de Chiara Mastroianni, tout comme Bref qui lâche un "sublime Chiara" qui en dit long...
Côté presse, on est satisfait : Elle salue un "film complexe et inspiré", Les Inrockuptibles a apprécié cette œuvre qui "bouge, fait rire et pleurer", pendant que Les Cahiers du cinéma félicitent eux aussi Chiara Mastroianni...
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Ce qui tient le film de bout en bout est assurément l'interprétation mesurée de Chiara Mastroianni [...]. Léna est inquiète, ce qui ne l'empêche pas d'être drôle, et son courage destructeur attire une sympathie progressive. En la couplant dans l'imaginaire à Katell la tueuse, Honoré réussit une pirouette qui redresse le film entier.
Ce film complexe et inspiré prend le risque de la maladresse, et s’en sort avec grâce.
Grouillement d'affects et d'humeurs, rendu extraordinairement vivant par des acteurs d'une justesse et d'une saveur rares. Sur ce fond embrouillé et mouvementé de chronique familiale, émerge un portrait de femme en tempête, superbement campée par Chiara Mastroianni, exaspérée, exaspérante, émouvante.
Christophe Honoré et sa coscénariste Geneviève Brisac ont écrit une partition polyphonique et dissonante qui mêle l'angoisse du père à l'approche de la mort, l'inébranlable optimisme du petit frère (un rôle que le réalisateur a confié à son propre frère), l'ironie cruelle derrière laquelle Marina Foïs cache le personnage de Frédérique.
Difficile de définir le nouveau film de Christophe Honoré, tant il est divers, hétérogène, symphonique. Et donc riche. (...) Tout cela vit, bouge, fait rire et pleurer
La première partie est un sans-faute : sujet tenu, récit tendu, allégé par quelques échappées poétiques, révélation de Julien Honoré [...]. Et puis, selon une théorie personnelle souvent vérifiée, le scénario déteint sur la perception de ce que l'on voit à l'écran. Le personnage tourne en rond, le film aussi.
Que dire d’un film qui est dans sa première heure ce que son cinéaste a signé de moins aventureux et qui est dans sa seconde heure ce qu’il nous a donné de plus profond, de plus sauvage, de plus féminin ? La force d’Honoré a toujours été de donner à des situations banales un caractère lyrique toujours au-dessus de la mesure, ce qui en fait un des très rares cinéastes romanesques aujourd’hui. S’il était musicien, il ferait tenir des caprices de tragédies grecques dans des chansons pop. Et on danserait dessus.
On a presque perdu l'habitude de voir, dans le cinéma français, un film porté par un personnage à qui il n'arrive rien de spectaculaire (...). C'est prouvé, un film triste peut procurer beaucoup de joie.