
Rares sont les films bosniaques qui arrivent jusqu'en France. Premières neiges en est un, et avec bonheur il semblerait vu les avis peu nombreux, mais dans l'ensemble enthousiastes que le film suscite.
La presse est plutôt dithyrambique : un film qui "ne manque ni de force ni d'ambition" selon Les Cahiers du Cinéma, "virtuosité, tendresse et force" selon Le Figaroscope ou encore "un film humaniste sur la dignité" selon Télérama. Seul L'Express regrette "une mise en scène attendue".
Les internautes quant à eux s'opposent totalement. D'un côté nous avons coussine dont voici l'opinion : "pas vraiment d'histoires, peu de sentiments. Tout est opprimé. Je n'ai pas aimé et m'y suis ennuyée". De l'autre, nous avons chas qui y voit une "chronique" sensible qui met en avant "des femmes fortes".
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Premières neiges ne manque ni de force ni d'ambition. Et sans doute ce sont les séquelles de la guerre qui contribuent à l'empeser, puisque comme toujours, la paix n'a pas su traiter les drames issus du conflit. Le film dit ce poids, et le partage.
"On aurait pu craindre que ce premier film bosniaque soit d'un périssable ennui. Erreur ! Avec virtuosité, tendresse et force, la jeune cinéaste Aida Begic orchestre une chronique intimiste, résolument optimiste, qui rappelle à plus d'un titre le Caramel de Nadine Labaki. Preuve en est, Premières neiges a obtenu cette année le grand prix de la Semaine de la critique à Cannes."
"La mutation de Premières neiges en parabole est habile, d'autant qu'elle peut se prévaloir du poids d'une histoire récente, qu'il est déjà temps de rappeler tant on préfèrerait l'oublier. Mais elle charge un peu trop le film, lui confère, au-delà de sa gravité naturelle, une espèce de raideur dramatique. Heureusement, le bonheur d'expression d'Aida Begic, qui lui autorise quelques écarts fantastiques (le personnage du petit garçon semble sorti d'un livre de Gabriel Garcia Marquez), finit par l'emporter, et le film conserve sa profonde humanité."
Un premier film sensible et violent sur un village de femmes hantées par les hommes et la mémoire.
Un sujet fort, desservi par une mise en scène attendue.
Aida Begic filme l'absence comme un vampire omniprésent qui hante les ruines. Conte funeste et réaliste, très sobre, Premières Neiges est surtout un film humaniste sur la dignité, qui plie mais ne rompt pas.