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France, Cambodge - 2002 - 1H41 -
Genre : Documentaire
Date de sortie : 11/02/2004 Un film de : Rithy Panh |
S-21 désigne le principal "bureau de la sécurité" du Kampuchea démocratique des Khmères rouges. Près de 17 000 prisonniers y ont été détenus, torturés, interrogés puis exécutés entre 1975 et 1979. Trois d'entre eux seulement sont encore en vie. Pendant près de trois ans, Rithy Panh et son équipe ont entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés, mais aussi de leurs anciens bourreaux. Ils les ont convaincus de revenir sur le lieu même de l'ancien S-21, actuellement reconverti en musée du génocide, pour confronter leurs témoignages. Le film tente de comprendre les mécanismes de la mise en application méthodique d'une des idéologies les plus terrifiantes du XXe siècle, celle du régime Khmère rouge.
Sélection Officielle de Cannes 2003 - Prix du meilleur documentaire européen au Prix européen du cinéma de Berlin - Grand prix du Festival du film des droits de l'Homme de Nuremberg - Grand prix spécial du jury du Festival de Copenhague - Grand prix du festival de Valladolid.
"Je veux croire que chaque témoignage est une petite pierre qui contribue à édifier un rempart contre la menace toujours possible, ici et ailleurs du retour à la barbarie" Rithy Panh, le réalisateur.
Ce terrible documentaire est dédié à la mémoire et effectivement, il est absolument nécessaire de connaître en détail un épisode très noir de l'histoire de l'humanité. Un génocide de 2 millions de personnes (plus les centaines de milliers de personnes mortes pendant les combats) sur une population cambodgienne d'environ 7.5 millions à l'époque... Le film a la force de confronter des ex-victimes (traumatisées à jamais) et des ex-bourreaux pour essayer de comprendre pourquoi ça s'est passé... Les protagonistes reviennent sur les arrestations, les tortures, les viols, les exécutions... Rien ne nous est épargné... et on sort de la salle avec des questions par dizaines...
D'abord, le film nous raffraîchit la mémoire sur l'un des génocides du XXe siècle. D'un point de vue unique, partagé entre les victimes et les bourreaux (qui s'estiment victimes eux aussi). On reste les yeux écarquillés devant ces reconstitutions, devant ces dialogues impossibles, devant la pregnance de l'histoire aussi bien que devant l'air pacifié des protagonistes. Comment est-il possible de devenir bourreau ? Comment se remet-on de cette expérience ? Comment le pays se remettra de cette histoire ? Comment l'humanité peut-elle supporter d'avoir vécu ce qu'elle a vécu ? Ce film puissant nous parle calmement de ces questions, et nous laisse épuisés et éblouis de constater ce que le cinéma peut nous offrir.
