
La surprise et le talent de Cécile de France : voilà qui devrait faciliter un bouche-à-oreille favorable pour cet atypique "biopic" belge. Sœur Sourire séduit donc le public autant que la critique.
Élogieuse à bien des égards, la presse vante l'interprétation, "lumineuse, crédible" (L'Express), de Cécile de France qui, "sans surjeu, présente réellement [Jeannine Deckers] au lieu de la représenter" (Libération). Télérama est même sous le charme de la motivation de la comédienne "qui y croit tant qu'elle nous y fait croire...".
L'effet de surprise y est aussi pour beaucoup: alors que islander s'attendait à voir quelques "bondieuseries", il conseille de "ne pas rater" ce film "touchant". Si fatmabenammar salue ce "splendide drame biographique", Bravet, lui, reproche seulement à la seconde partie d'être "traitée trop rapidement". Courez donc vous convertir auprès de cette nonne pas comme les autres.
Attention : les notes des critiques de presse sont harmonisées selon un barême propre à Cinéfil, attribuant des notes de 1 à 5 étoiles, ceci pour nous permettre de calculer une note moyenne.
Affublée de cheveux courts, de grosses godasses et d’un irrésistible enthousiasme, Cécile de France incarne avec bonheur la star éphémère.
Pour retracer cette destinée pathétique, le réalisateur flamand Stinj Coninck a fait des choix stylistiques à la fois intéressants et déroutants. Cécile de France introduit un portrait richement incarné, plein de relief et de contradictions, de pesanteur et de grâce, qui ne laisse jamais indifférent.
On sent que Coninx, qui a également écrit le scénario, voudrait trouver un autre enjeu dans cette histoire qu'un simple échec personnel. Cécile de France n'esquive aucun des travers de son modèle -son égoïsme, son aveuglement- sans trouver d'autre liant que celui de la médiocrité d'un destin. Rien d'exaltant donc, avec en plus un effet secondaire fâcheux : on sort de la salle avec en tête pour plusieurs heures l'un des pires numéros de l'histoire des charts américains.
Cécile de France s’émancipe de sa famille, du clergé et des conventions de l’époque avant de connaître le dénuement, trajectoire erratique et violemment contrastée dont le film, trop occupé à illustrer, peine à mettre en valeur les soubresauts.
Voilà un film bien étrange. Il démarre formidablement bien, rendant compte avec soin de la jeunesse de Jeanine Deckers. [...] Et patatras ! le scénario réduit les vingt dernières années de la chanteuse déconfite à une demi-heure (à l'écran) de galères, alors que le vrai sujet se trouvait dans ce dédale d'injustices et de désillusions [...]. Reste Cécile de France, lumineuse, crédible.
En dépit de quelques niaiseries et d’un abus de rouge à lèvre chez les nonnes, il filme le dérangement de cette jeune fille par quelques agaceries de point de vue, une caméra collée à la peau, une mise en scène organique qui ne sonne jamais faux. Cécile de France incarne miraculeusement Deckers : lui faisant don de son corps, sans surjeu, elle la présente réellement au lieu de la représenter, nous épargnant les égarements de l’habituelle psychologie des profondeurs.
Cécile de France la campe de manière très physique - la nonne a tendance à brutaliser ceux qui lui barrent la route !, et tous les seconds rôles sont aussi intenses et justes qu’elle.
L'avantage de ce « biopic » belge, c'est d'avoir Cécile de France pour interprète. (...) Mais qu'importent les moments faibles, puisqu'à chaque instant on contemple cette comédienne qui y croit tant qu'elle nous y fait croire...