
Ode à la vie
Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...
Palme d'or - Festival de Cannes 2011.
Festival de Cannes 2011 : Palme d'or (Lauréat)« Qui ne sut se borner, ne sut jamais écrire ». Comment appliquer l’aphorisme de Boileau à l’art cinématographique ? Le film de Terrence Malick s’apparente au maelström verbal des romans de Victor Hugo, au déluge de notes des opéras de Wagner et aux longueurs des symphonies de Mahler et de Bruckner. Il y a des beautés fulgurantes chez ces artistes mais aussi de l’ennui. Au style « Kolossal » de Wagner les amateurs d’opéras ont depuis longtemps préféré la concision d’un Bizet, « Carmen » étant l’œuvre lyrique la plus représentée dans le monde entier. Il y a de grands moments de beauté pure dans « l’arbre de vie » mais il y a des scènes franchement inutiles (les dinosaures) et d’autres qui relèvent de l’art saint-sulpicien. Et puis il y a ce ton emphatique pour dire en plus de deux heures ce qu’un Bresson dit en 1h30 et sans avoir recours à des images d’archives ou de synthèse. Cela dit, T.Mallick est un vrai cinéaste qui soigne ses prises de vue, ses plans, son montage, ses mises en scène, son scénario, la bande son. C’est quand même autre chose que le torchon dégueulasse que les frères Dardenne nous jettent à la figure. Je dirai seulement à M. Mallick : « ajoutez quelquefois et souvent effacez ! »
De très belles images, et une très belle musique aussi pour ce film, au premier abord, très étrange. À partir de l’événement dramatique, la mort d’un fils, le réalisateur nous mène sans transition apparente à la création du monde, peut être parce que la mort d’un enfant vous immerge dans le néant, parce qu’elle vous ramène à l’état de molécule, parce que la douleur est si violente que la survie n’est possible qu’à condition de s’élever. Tout cela se mêle aux retours à l’enfance, aux bonheurs et aux malheurs, aux erreurs et aux réussites de parcours communs et anodins, mais qui semblent de la plus grande importance au moment où on les vie. Ce retour aux sources est logique pour tenter d’expliquer le « Pourquoi ». Mais il n’y a pas de réponse, et nous voyons les acteurs de cette tragédie passer de la croyance à la fois. Il faut du temps pour sortir de la perplexité dans laquelle vous plonge ce film. Il laisse comme une empreinte faite de rejet et d’admiration à la fois.
Rôle dans ce film : M. O’Brien
Rôle dans ce film : Jack