
Gardarem lou Larzac !
Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José... sont quelques uns des acteurs, drôles et émouvants, d'une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l'Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres.
Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux.
Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s'étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne cèderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l'armée et les forces de l'ordre, ils déploieront des trésors d'imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France... Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire.
Plus que jamais le Larzac est vivant !
César 2012 : nominé pour le César du meilleur film documentaire
Césars 2012 : César du meilleur film documentaire (Lauréat)Un excellent documentaire sur la lutte des paysans du Larzac, bien construit et plein d'enseignements. Il permet notamment de prendre conscience des effets formateurs de ce combat de dix ans sur les paysans, toujours avec sensibilité et non sans humour. Une salle pleine au Comoedia qui applaudit à la fin !
Le documentaire de deux heures ne cultive pas la nostalgie. Il souligne la durée de la lutte des paysans contre l’extension du camp militaire (11ans), l'évolution des personnes interrogées, leur finesse, leur lucidité, leur ferveur intacte. Mais j’ai du mal à partager l’avis de ceux qui associent cette lutte obstinée à celles d’aujourd’hui qui me semblent plus parcellaires. Quand on énonce simplement la phrase : « des paysans rencontraient les ouvriers, des étudiants », on parle d’un autre siècle : les paysans il n’y en a plus guère et les ouvriers ont l’intention de voter extrême droite à 40%. Il reste l’inventivité de ce mouvement, dont les copies se dévoient depuis en médiatisation comme fin en soi, alors qu’ils sont bouleversés quand à l’arrivée de leur marche à Paris ne s’entendait que le bruit des bâtons. L’exigence démocratique dans le groupe a été remarquable également et la solidarité qui leur a permis de construire une magnifique bergerie à La Blaquière, soudés parce que l’adversaire est visible, la situation claire, les politiques, pas encore enrobés de com’, de bonnes cibles maladroites. Debré : « Nous choisissons le Larzac, c’est un pays déshérité ». Il en a enrichi plus d’un, humainement.
Biographie de Léon Maille
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