Brian De Palma

Passion (2013)

Photo dernier film Brian De Palma
Photo dernier film Brian De Palma

Biographie

Brian De Palma est né le 11 septembre 1940 à Newark dans le New Jersey. Sa passion précoce pour la physique le destinait naturellement à une grande carrière dans le domaine. C’est pourtant vers le cinéma qu’il se tourne, après avoir tourné, en douce, son premier film : la filature de son père, soupçonné d’infidélité par sa mère, et qu’il suit caméra au poing jusqu’à le surprendre dans les bras d’une autre. C’est ainsi que Brian de Palma provoque le destin, et le divorce de ses parents.

Cet acte "cinématographique" fondateur sera repris et exacerbé plus tard dans bon nombre de ses films, sous la forme d'une obsession pour le voyeurisme. Le Vertigo d’Alfred Hitchcock est une révélation : à l’aube des années 60, De Palma abandonne définitivement la physique pour se consacrer au théâtre (où il rencontre son futur acteur fétiche, William Finley) puis au cinéma.

Il faut attendre 1966 pour voir débarquer son premier long, The Wedding Party, comédie qui révèle le jeune Robert De Niro. Quelques documentaires et deux autres collaborations avec de Niro plus tard (Greetings, 1968, Ours d’Argent au Festival de Berlin, et Hi ! Mom), il l’impose enfin parmi les talents de la Nouvelle Vague américaine.

Son tout premier split-screen (sa marque de fabrique, qui consiste à diviser l’écran en plusieurs parties, chacune présentant des images différentes, en général divers angles de vue d’une même scène), c’est dans son documentaire musical Dyonisus in ’69 qu’on le trouve.

Après une commande de studio (Get to Know Your Rabbit) le réalisateur s’installe dans la maison des actrices Jennifer Salt et Margot Kidder, en compagnie de Lucas, Scorsese, Spielberg et Schrader, alors jeunes pousses d'un cinéma hollywoodien en pleine ébullition.

Le matin de noël 1972, il offre aux deux actrices le scénario de Sisters (Sœurs de sang), qu’il met en chantier en 1973. Véritable joyau rendant un hommage non dissimulé à Alfred Hitchcock, Sisters marque un premier tournant dans la carrière de De Palma, qui signe là un véritable thriller angoissant où se succèdent les morceaux de bravoure. Un premier chef d'oeuvre, suivi par le film charnière Phantom Of the Paradise, opéra "barock" qui signe sa consécration artistique en 1974, et qui remporte le grand prix du festival d’Avoriaz.

En 1976, il adapte à l’écran le premier roman d’un certain Stephen King, Carrie, dont le triomphe vaut à ses deux actrices (Sissy Spacek et Piper Laurie) une nomination à l’oscar. Le film révèle John Travolta, et traumatise toute une génération de lycéens en goguette tout en assurant une publicité cruciale à Stephen King alors débutant.

C’est en 1980 qu’il signe l’une des plus grandes réussites de sa carrière, Dressed to Kill (Pulsions), où le meurtre au rasoir dans l’ascenseur perturbe bon nombre de spectateurs. L’année suivante, Blow Out, hommage au Blow Up d’Antonioni, lui permet d’explorer avec maestria ses thèmes de prédilection, voyeurisme et manipulation, tout comme Body Double en 1985.

Scarface, en 1984, fait office de parenthèse dans sa filmographie. Il offre à Al Pacino le rôle du gangster Tony Montana dans ce faux remake largement modernisé du légendaire film homonyme de Howard Hawks. Cette version 80’s multiplie les scènes baroques, les répliques cultes et les excès de violence. Premier succès fracassant au box office en 1987 avec The Untouchables (Les incorruptibles). Fort d'un casting où se côtoient monuments (Robert de Niro, Sean Connery) et stars en devenir (Kevin Costner, Andy Garcia), le film entre instantanément dans la légende, grâce à la scène de la gare, hommage flamboyant au Cuirassé Potemkine d'Eisenstein (l'un des pionniers du cinéma), et dans laquelle le génie visuel de De Palma ne fait plus aucun doute.

Grâce à ce triomphe, De Palma se permet de se pencher sur un projet plus sensible qu’il veut porter à l’écran depuis des années : ce sera Casualties of War (Outrages), l’histoire vraie de soldats américains qui torturèrent et violèrent une jeune villageoise pendant la guerre du Vietnam. Le public, choqué, ne suit pas, et De Palma accumule les flops en 1990 et 1992 avec Le bûcher des vanités (dont l'échec provoque la ruine du studio qui l’a financé ) et L’Esprit de Cain.

1993 : le cinéaste livre ce que les puristes considèrent à ce jour son dernier chef d’oeuvre avec Carlito’s Way (L’Impasse), avec deux acteurs en état de grâce, Al Pacino et Sean Penn.

Son plus gros succès international, De Palma le doit à son adaptation très libre de la série Mission : Impossible en 1996, suivi de Snake Eyes, où l’anthologique séquence d’ouverture rassure ses admirateurs, inquiets de ne pas avoir décelé dans Mission : Impossible la patte de leur réalisateur favori. Un exercice de style qui précède deux films mineurs, Mission to Mars (2000), descendu par la critique et boudé par le public, et l'inégal Femme Fatale (2002).

En 2006, De Palma déçoit une fois de plus ses fans avec l’adaptation très attendue du Dahlia Noir (livre culte de James Ellroy réputé inadaptable), où le casting (pourtant improbable) semble constituer le seul véritable attrait pour le public (Josh Hartnett et Scarlett Johanson y côtoient Hilary Swank et Aaron Eckhart).

Le cinéaste est attendu au tournant en 2007/2008 avec Redacted, film sur la vie des soldats américains en Irak, et qui lui a récemment valu le lion d’argent du Meilleur réalisateur à Venise.
Lire la suite
Brian De Palma