Sabreur enragéSans doute un des acteurs les plus doués au milieu de l'usine à stars que fut la Shaw, David Chiang a su apporté une élégance rare dans le milieu du cinéma d'arts martiaux et imprégner ces personnages d'une mélancolie de dandy. A l'affiche des grands succès des 70's (Le Justicier de Shanghai, La Rage du Tigre, Frères de sang), il fut également un interprète prisé de réalisateurs comme John Woo et Tsui Hark.Né à Suzhou, en Chine,
David Chiang (de son vrai nom Jiang Da-wei) est issu d'une famille d'acteurs très populaires du cinéma mandarin. Enfant de la balle, il commence donc très tôt à apparaître dans des films en compagnie de ses parents mais ce n'est qu'après ses études au Chu Hai College, à Hong-Kong, qu'il entame une carrière de cascadeurs et de règleurs de combats.
C'est ainsi que
Chang Cheh, maître du wu xia pian, le remarque et lui propose d'entrer à la Shaw où il entame sa carrière dès 1968, dans
Le Retour de l'hirondelle d'or en (bonne) compagnie des deux superstars d'alors Cheng pei-pei et
Jimmy Wang Yu. Doté d'une rare élégance et d'un visage atypique, il devient, en l'espace d'une poignée d'années, la chair préférée du cinéma de
Chang Cheh qui prend un malin plaisir à torturer ce physique parfait, l'éventrant violemment à longueurs de films.
Le Sabreur solitaire (1969),
Vengeance ! (1970),
Les 13 fils du dragon d'or (1970),
Le Justicier de Shanghai (1972)... Chacun de ces films se termine par le supplice de l'acteur, heros martyrisé du cinéma sauvage de
Chang Cheh. En 1971, il obtient le rôle de Lei-li, dans
La Rage du Tigre, moment-clé de sa carrière. Grâce à cette reprise du très populaire personnage du sabreur manchot, il franchit pour la première fois les frontières de l'Asie et obtient un rôle dans une co-production internationale Shaw/Hammer,
Les sept vampires d'or (1974).
Cette rare incursion hors du territoire hongkongais assoit sa notoriété et
David Chiang multiplie les tournages (comme beaucoup de superstars locales), souvent avec
Chang Cheh (
Frères de Sang,
Duel sauvage,
Duel aux poings) mais également avec d'autres piliers de la Shaw comme Liu Chia-liang (
La Mante religieuse).
Dans les années 80, la Shaw périclite, mais contrairement à certains de ses collègues,
David Chiang se reconverti dans une habile carrière de réalisateur et continue à jouer. Son aura de star et les rôles qu'il a marqué de son empreinte sont restés gravés dans la mémoire de jeunes cinéastes comme Tsui Hark,
John Woo et
Johnnie To qui font régulièrement appel à lui, dans
Just heroes (1989),
Il était une fois en chine 2 (1992) ou
Election (2007).