On ne présente plus Brassens. Je croyais tout connaître, et pourtant ... J'ai racheté des CD dernièrement et je redécouvre encore et encore
Oui, oui, je me souviens d'avoir chanté vers l'âge de 10 ou 12 ans : "Eh oui, je suis cocu, j'ai du cerf sur la tête, on fait force de trous [?] dans ma lune de miel. Ma bien-aimée ne m'invite plus à la fête quand elle va faire un tour jusqu'au septième ciel, quand elle va faire un tour jusqu'au septième ciel." Ma mère pleurait toutes les larmes de son corps, et plus encore. Papa, lui, était plutôt fier : je massacrais "Le cocu" et il gueulait à tue-tête des bribes d'"Hécatombe", dont il reprenait en boucle "Au marché de Brive-la-Gaillarde à propos de bottes d'oignons, quelques douzaines de gaillardes se crêpaient un jour le chignon..." et, dans l'oubli de la suite, il embrayait sur "Pourtant que la montagne est belle, comment peut-on s'imaginer...", puis sur "Gentleman cambrioleur est vrai seigneur..." Un répertoire à lui tout seul, le père Bonetto, et il te sifflait la suite des paroles oubliant tout en couvrant le vrombissement de la scie circulaire ou en posant du carrelage.