Jean-Francois Davy

Vive la crise (2017)

Photo dernier film Jean-Francois Davy
Photo dernier film Jean-Francois Davy

Biographie

Passionné de cinéma depuis l'adolescence, Jean-François Davy multiplie les expériences se rattachant au 7e Art. A l'âge de 15 ans, alors qu'il fréquente déjà les ciné-clubs et qu'il a déjà formé une association de cinéastes amateurs, et réalise un premier film en 8 mm, avec sa patrouille de scouts (Vernay et l'affaire Vanderghen). Ce premier film de fiction policière d'une heure lui donnera un goût pour la réalisation qui ne le quittera plus jamais.

Après avoir triplé une classe de première, il finit cependant par obtenir un Bac Philo, au grand soulagement de ses parents qui auraient voulu qu'il fasse l'IDHEC (ex. FEMIS). Mais Jean-François Davy passe tout son temps à réaliser des courts métrages et, à 19 ans, se lance dans un projet de long-métrage en 35 mm. Intitulé Une mort joyeuse, ce film ne verra jamais le jour malgré toute l'énergie qu'y a mis son auteur : il avait inventé pour l'occasion un ingénieux principe de production en coopérative, avec des jeunes techniciens et des comédiens qui, non seulement n'étaient pas payés, mais devaient cotiser pour participer au film ! Alors que les choses avaient bien commencé, les premiers jours de tournage sur la côte normande eurent raison du projet, faute de moyens financiers minimum.

Dépité, le jeune réalisateur rentre à Paris et entrepose sous son lit la pellicule non utilisée (huit mille mètres) avec l'espoir de s'y remettre le plus tôt possible...

En 1965, il rencontre alors Luc Moullet, critique aux "Cahiers du cinéma", qui réalise avec de tous petits moyens son premier long métrage, Brigitte et Brigitte. Jean-François Davy apprend, comme assistant, à faire un film avec trois francs six sous. Sur ce plateau, il fait la connaissance d'un comédien, Claude Melki, avec qui il se lie d'amitié. L'acteur décide d'aider Jean-François Davy à se lancer dans un nouveau projet.

Agé de 20 ans, il écrit un nouveau scénario, L'Attentat, inspiré de ses rêves. Claude Melki embarque alors le jeune homme chez les antiquaires-brocanteurs de Saint-Ouen et du Quartier Charlemagne et organise une souscription, parvenant ainsi à réunir trente mille francs de l'époque. Ces fonds lui permettent finalement de tourner en mai 1966 ce premier long-métrage, avec de jeunes comédiens et techniciens ayant bien voulu travailler pratiquement sans être payés. Le film s'inspire beaucoup de Jean-Luc Godard, qui est alors son maître de cinéma.

Une projection est organisée à l'Escurial, à laquelle Jean-François Davy invite nombre de critiques et de gens du milieu, mais il ne se retrouve finalement qu'entouré par sa famille, ses copains et un seul critique, Robert Chazal du quotidien "France Soir".

Jean-François Davy parvient à organiser d'autres projections, décroche sa première critique dans les "Cahiers du cinéma", puis se met à la recherche d'un distributeur, en vain. Le film reste donc dans sa boîte et n'en ressortira que des décennies plus tard, pour passer sur le câble.

Pendant son service national (coopération à Ouagadougou), alors qu'il réalise des films d'éducation destinés aux paysans africains et projetés dans des ciné-bus en brousse, il prépare un film policier intitulé Traquenards. C'est ainsi qu'il passe Mai 68 à Ouagadougou.

De retour en France, il tourne donc ce deuxième film, un policier en couleurs (L'Attentat était en noir et blanc), avec des comédiens comme Hans Meyer, vu dans Pierrot le Fou, ou Roland Lesaffre, qui a beaucoup tourné avec Marcel Carné. C'est d'ailleurs cet illustre réalisateur qui acceptera de devenir conseiller technique pour son film, parrainage nécessaire aux réalisateurs non titulaires de la carte professionnelle.

Jean-François Davy tourne ensuite un film fantastique, Le Seuil du vide, mais aussi des comédies paillardes : Bananes mécaniques, Prenez la queue comme tout le monde, Q et aussi Exhibition, un film-reportage sur le quotidien professionnel de l'actrice de films X Claudine Beccarie. Sélectionné à Cannes, et aux Festivals de New York, et de Los Angeles, le film fait trois millions et demi d'entrées en France, jusqu'à ce que la loi sur la classification X soit votée ; là sa carrière s'arrête net, n'ayant plus accès au même réseau de diffusion.

Exhibition sera également le premier film à passer sur Canal Plus le fameux premier samedi du mois. Ce sera le seul film français à avoir été classé Art et Essai, classé X, déclassé Art et Essai, déclassé X et reclassé Art et Essai ! Puis il réalise Exhibition II, suivant le même principe que le premier du nom mais avec un tout autre personnage : Sylvia Bourdon.

Viendront d'autres films, dont le documentaire Prostitution, ou la comédie Chaussette surprise écrite avec Jean-Claude Carrière (au casting éblouissant : Bernadette Lafont, Anna Karina, Michel Galabru, Christine Pascal, Bernard Haller, Rufus, Bernard Le Coq, Claude Piéplu, Agnès Soral, Henri Guybet, Romain Bouteille, Michel Blanc).

En 1982, Jean-François Davy signe Ça va faire mal, ultime comédie avec Daniel Ceccaldi, Bernard Menez, Henri Guybet, Hubert Deschamps, Pierre Doris et une jeune débutante, Isabelle Mergault. Il distribue lui-même le film mais le succès n'est pas au rendez-vous. Le succès d'Exhibition lui a cependant permis d'exercer une activité de producteur : La meilleure façon de marcher de Claude Miller, L'Acrobate de Jean-Daniel Pollet ou Les Fleurs du miel de Claude Faraldo, Monsieur Balboss de Jean Marbeuf. Il finira cependant par se voir contraint de déposer le bilan de sa société de production.

C'est à ce moment qu'il commence à s'intéresser au marché naissant de la vidéo. Il débute avec la société d'édition Fil à Film, chez qui sortiront notamment les collections "Palme d'or" et "Les films de ma vie" en collaboration avec Claude Berri.

Dans les années 80, il devient un industriel important du secteur en construisant le plus grand labo de duplication installé en région parisienne, Vidéo Pouce, à proximité de sa maison de campagne, qu'il avait d'abord acheté pour écrire paisiblement ses scénarios loin de l'agitation parisienne ! L'endroit est depuis devenu un site industriel. Jean-François Davy crée ensuite la société Opening, avec laquelle il ajoutera à sa branche d'édition vidéo riche d'un catalogue de plus de mille titres, la distribution en salles et la production pour le cinéma.

Après une interruption de vingt-trois ans comme réalisateur, Jean-François Davy revient avec Les Aiguilles rouges, sorti en 2006.

Trois ans plus tard, il réalise Tricheuse avec Hélène de Fougerolles et Zinedine Soualem, l'histoire des magouilles d'une jeune avocate carriériste.

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Jean-Francois Davy

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