Giono : plus de la moitié de son oeuvre a pour cadre géographique la montagne, qui n'a rien à voir avec la Provence (en particulier, les terres sauvages du Trièves, avec "Les âmes fortes"), la mer ("Fragments d'un Paradis"), l'Angleterre ("Pour saluer Melville"), l'Italie ("Le bonheur fou"), "La Suisse" ("Le déserteur") ou la Grèce ("Naissance de l'Odyssée"). Plus encore, il faut penser au "tournant" (certains évoquent la "première" et la "deuxième manière", encore un moyen pour réduire la complexité d'un parcours) qu'il opère pendant la guerre, mais qui est déjà présent dans ses oeuvres passées. Des romans panthéistes que sont "Colline" ou "Regain", il passe, via la quête de la joie et de la solidarité, à un désenchantement qui affecte aussi bien son style que la structure de ses oeuvres : elles deviennent alos d'une réjouissante complexité qui n'a rien à envier à William Faulkner.
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