John Ford

La taverne de l'irlandais (2013)

Photo dernier film John Ford
Photo dernier film John Ford

Biographie

Né John Martin Feeney, à Cape Elizabeth dans le Maine, John Ford est issu d'une famille d'immigrants irlandais naturalisés américain. Enfant doué, passionné par l'histoire, il est un excellent joueur de basket-ball et de football qui passe une partie de son temps (et gagne un peu d'argent) comme ouvreur au Jefferson Theatre, à Portland, non loin de chez lui.

C'est grâce à son frère, Francis Ford, parti sur les traces de Meliès au début du siècle, qu'il met les pieds dans le cinéma à sa sortie du lycée, en 1914. D'abord homme à tout faire, il interprète quelques petits rôles dans les productions Universal avant de signer un contrat en bonne et due forme dès 1916. Auprès d'Allan Dwan, il apprendra vite les rudiments du métier de cinéaste qui lui permettent de se lancer dans la réalisation un an plus tard.

De son oeuvre muette, chez Universal puis à la Fox, on sait peu de choses, si ce n'est que la plupart des films qu'il y tourne sont invisibles, définitivement perdus ou déteriorés par le temps. Son oeuvre animée par un souffle épique sans égal, l'amour des grands espaces et des pionniers, commence donc avec le parlant, à la fin des années 20 et l'âge d'or d'Holywood dans les années 30. A l'époque il est déjà un cinaste confirmé, même si son penchant pour la boisson (il entame sa première cure de désintoxication en 1931) le place parfois en porte-à-faux.

Lors de cette première période classique, Ford développe avec assurance un style inédit, marqué par une attirance pour les grands mythes américains (Je n'ai pas tué Lincoln en 1936, Vers sa destinée en  1939, Les Raisins de la colère en 1940) et une façon inimitable de filmer l'espace américain comme un véhicule de l'histoire du pays, un élément de sa mythographie qu'il exploite avec talent dans ses westerns (La Chevauchée fantastique, La Poursuite infernale).

Mobilisé pendant la Seconde guerre mondiale, il revient très vite au cinéma en sage, maître de son art jusque dans les moindres détails, capable de filmer avec un lyrisme fascinant ses origines irlandaises (L'Homme tranquille en 1952, comme il l'avit déjà fait avec Qu'elle était verte ma vallée) comme l'histoire des Etats-Unis, sujet inépuisable pour ce passionné (Le Massacre de Fort Apache, Rio Grande, La Charge héroïque).

Son oeuvre acquiert ainsi un statut de véritable monument, adulé par Bazin puis la Nouvelle Vague en France, et consacré à quatre reprises aux Oscars. La fin de sa vie montre un Ford sûr de ses moyens et préoccupés de questions métaphysiques (Mogambo), sa mise en scène atteignant une authentique verve ludique à la fin des années 60 (Frontière chinoise).

Victime d'un accident en 1970, malade et fatigué par un cancer, il obtient un Lion d'Or pour l'ensemble de sa carrière en 1971. Deux ans plus tard, il meurt des suites de la maladie, le 31 août.
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John Ford

Filmographie