Kenji Mizoguchi

Les soeurs de gion (2008)

Photo dernier film Kenji Mizoguchi
Photo dernier film Kenji Mizoguchi

Biographie

Né à Tokyo, dans un milieu appauvri par la crise économique de 1904, il vit à Asakusa, quartier modeste de la capitale japonaise. Élève moyen, plus intéressé par le cinéma et les balades, il quitte très tôt l’école. Un événement conditionne toutefois sa vie future. Sa sœur Suzu est vendue à une maison de geishas, à l’âge de 14 ans. Il en voudra longtemps à ses parents et en fera une source d’inspiration pour nombre de ses films.

À la mort de sa mère, en 1915, il fait un bref séjour à Kobe où il travaille comme journaliste, puis revient à Tokyo dès 1920. Il entre alors à la Nikkatsu, comme assistant d’Osamu Wakayama, puis d’Eizo Tanaka, avec qui il décide de révolutionner les méthodes de production nippones. Des 47 films qu’il tourne pour la société, seuls deux sont visibles (Chanson du pays natal et Le Pays natal), posant déjà les figures de son univers : culpabilité, femmes brimées et destins tragiques.

Mizoguchi l’affirme souvent, son premier film "sérieux" date de 1936 ; Les Sœurs de Gion, un grand succès public dans lequel il affirme son sens du mouvement et l’intérêt qu’il porte aux femmes victimes du patriarcat. Le réalisme social, mâtiné d’un soupçon de fantastique, qui fait le sel de son œuvre commence alors à prendre de l’ampleur.

En 1939, il passe à la Shochiku et réalise une trilogie consacrée à la vie des acteurs de théâtre, dont le premier volet est le très beau et très marquant Conte des chrysanthèmes tardifs. Tout Mizoguchi est là et désormais son œuvre brode habilement autour de cette structure dense et sophistiquée. La période de la guerre le contraint à réaliser des films de propagande loin des idéaux humanistes qu’il porte. Pour autant, on notera quelques "jidai geki" (film historique) de haute tenue comme La Vengeance des 47 Rônins (1941).

La reconnaissance intervient à la fin de la guerre, date à laquelle les critiques européens mettent à jour son œuvre. Les dernières années de sa carrière lui permettront donc de livrer des chefs-d’œuvre comme Les Contes de la lune vague après la pluie (1953), La Vie d’O’Haru, femme galante (1952) ou L’Intendant Sansho en 1954.

Il s’éteint le 24 août 1956, à Kyoto. Il aura réalisé près de 90 films.
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Kenji Mizoguchi

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