Max Ophüls

Werther (1973)

Photo dernier film Max Ophüls
Photo dernier film Max Ophüls

Biographie

Né à Sarrebruck, en Allemagne Max Ophüls (de son vrai nom Maximillian Oppenheimer) brûle d'amour pour le théâtre et le cinéma dès son plus jeune âge. Son père, commerçant réputé, n'est guère enthousiaste à l'idée de le voir embrasser une carrière de saltimbanque et Max choisit de prendre le pseudonyme d'Ophüls afin de ne pas gêner sa famille, en cas d'échec.

Sans formation, il apprend son métier sur le tas : acteur stagiaire à partir de 1919, il se dirige très vite vers la production théâtrale puis gravit les échelons jusqu'à la direction de la création du Burgtheater à Vienne où il monte près de 200 pièces. Cette expérience le mène au cinéma, où il co-écrit des dialogues pour Litvak avant de signer un premier court, en 1931.

Ce film sera l'un des rares qu'il signe dans son pays natal. Sentant la montée inquiétante du nazisme, Ophüls, de confession juive, fuit en France dès 1933, pays d'accueil où il signe ses plus grands films et dont il prend la nationalité en 1938. C'est là qu'il signe ses premiers films (Une histoire d'amour, version française de son Liebelei, Werther, etc.), travaille pour L'Herbier sur Scandale, mais se voit contraint là aussi à l'exil après la débâcle française de 1940.

L'intermède hollywoodien n'est pas forcément très fructueux au début, mais l'aide sensible de Preston Sturges lui permet de porter quelques beaux projets où, enfin, émerge son style lyrique et inventif. Un honorable film noir (Les Désemparés, en 1949) et un mélodrame passionné (Lettre d'une inconnue en 1948) suffiront à en faire une valeur sûre et à assuré un confortable retour en France.

C'est alors l'épiphanie du style "ophulsien", marqué par un sens du montage choral et surtout ses travellings aériens, aux trajectoires insensés, qui semblent enrober les personnages dans un mouvement mélancolique. Ses quatre derniers films, tournés entre 1950 et 1955, constituent d'ailleurs autant de chefs-d'oeuvre qui imprègneront durablement des cinéastes comme Stanley Kubrick et Jacques Demy. On y retrouve également ce sentiment doux de l'éphémère d'une vie, de l'intensité d'une brève passion, à travers le regard désespéré de Lola Montès et les croisements perpétuels de La Ronde ou du Plaisir.

Reconnu sur le tard comme un maître du cinéma par les jeunes critiques qui formèrent plus tard le noyau dur de la "Nouvelle Vague", Max Ophüls s'éteint le 26 Mars 1957, à Hambourg, deux ans seulement après l'échec de Lola Montès, remonté par ses producteurs sans son accord et boudé par le public. Il est enterré en France, là où vit son fils, le documentariste Marcel Ophüls (Le Chagrin et la Pitié).
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