Nagisa Oshima

Nuit et brouillard au japon (2007)

Photo dernier film Nagisa Oshima
Photo dernier film Nagisa Oshima

Biographie

Nagisa Oshima est élevé seul par sa mère. Admis à l'Unviersité de Kyoto, il ne tarde pas à être happé par la contestation qui gronde dans la jeunesse à la sortie de la guerre. Sans jamais avoir pris sa carte au Parti, il milite avec les communistes japonais et obtient son diplôme de droit et de politique en 1954. La même année, il tente fortuitement et obtient brillamment le concours d'entrée à la Shochiku en tant qu'assistant-réalisateur, notamment avec Yoshitaro Nomura, Masaki Kobayashi, et Hideo Oba.

Dans cette compagnie "moderniste", il fait ses classes auprès de cinéastes brillants comme Masaki Kobayashi, ou Yoshitaro Nomura. Largement influencé par les nouvelles vagues européennes, il écrit quelques textes théoriques qu'il met très vite en pratique, secouant le système des studios avec ses premiers films Une Ville d'amour et d'espoir (1959), mais surtout Contes cruels de la jeunesse et L'enterrement du soleil (1960).

Des films au sujet neuf, un style énergique qui racontent une jeunesse désœuvrée, avec une simplicité des moyens, un goût pour l'improvisation et liberté formelle : les principaux codes qui font la Nouvelle vague japonaise sont là et font d'Oshima un chef de file naturel du mouvement. Libre-penseur et volontiers agitateur, Oshima ne tarde d'ailleurs pas à subir les foudres de la censure : la sortie en 1960 de Nuit et brouillard du Japon, tourné pratiquement à l'insu du

Studio, violente remise en cause du traité nippo-américain, fait scandale et la Shochiku retire le film de l'affiche au bout de quatre jours. Oshima claque la porte du studio avec fracas et met 4 ans à s'en remettre.


Il crée alors sa propre compagnie, la Sozosha, avec l'aide de sa femme, l'actrice Akiko Koyama. Il tourne une douzaine de films s'attaquant à divers tabous du Japon moderne, en

particulier le sexe et le crime.

Repoussant systématiquement les limites de la représentation Oshima décortique les tabous de la société japonaise en dialecticien du cinéma. Sa carrière est donc marquée par de multiples scandales mais une constante reconnaissance de la critique. C'est dans cette perspective que naissent  L'Obsédé en plein jour, Été japonais : double suicide, À propos des chansons paillardes au Japon et Le Retour des trois soûlards, ; 4 films comptent parmi les plus provocateurs

de leur auteur Formellement audacieux, politiquement rebelles, ils associent drame et

burlesque et laissent une très forte impression de liberté artistique totale. Encore

méconnus aujourd'hui, ils illustrent une période exceptionnellement fertile et inventive

dans la carrière du réalisateur.


Autres œuvres polémiques : De La Pendaison (1968), analyse absurde du racisme anti-coréen à La Cérémonie (1970), somme considérable autour de l'histoire du Japon, il met à jour la face sombre de son pays avec un regard précis et un sens aigu du cadre.

À la fin des années 60, Oshima dissout sa compagnie, pensant abandonner le cinéma.

C'est grâce à la collaboration d'un producteur français, Anatole Dauman, qu'Oshima peut

tourner ce qui devient son plus grand succès international , son scandale le plus retentissant L'Empire des sens (1976), vaste dispositif de réflexion autour de la pornographie autant que questionnement sur le masochisme amoureux en temps de guerre. Le film lui vaut un procès mais aussi un succès international, qu'il tente de doubler deux ans plus tard avec un prolongement de cette oeuvre : L'Empire de la passion, prix de la mise en scène à Cannes mais boudé par le public.


Tournant moins qu'à ses débuts, il revient sur la question du masochisme avec Furyo (1983), variation autour du thème de Théorème, avec Bowie en ange blond tentateur. Le film est un succès et confirme son statut en Europe où ses films sont le plus souvent produit.

Les relations amoureuses déviantes son aussi le sujet  de Max, mon amour en 1986, puis Oshima s'éclipse pendant 13 ans et revient en 2000, avec un étrange film de sabre, sophistiqué et brillant, Tabou, mettant en scène Takeshi Kitano dans une relation ambiguë avec un autre samouraï.

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